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Ottawa veut acheter 18 Super Hornet pour remplacer une partie de ses vieux CF-18

Le nouvel appel d'offres, promis par le Parti libéral lors de la dernière campagne électorale, ne sera cependant pas lancé avant que l'examen de la politique de défense canadienne soit terminé. La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, estime que ce processus durera cinq ans.

D'ici là, Ottawa va entreprendre des négociations avec les États-Unis et Boeing en vue de l'acquisition de 18 Super Hornet de Boeing. Cet achat n'est cependant garanti : Ottawa indique qu'il veut d'abord s'assurer qu'ils seront en mesure de fournir cette flotte provisoire « à un coût, dans un délai, à un niveau de capacité et à une valeur économique acceptables » pour le gouvernement.

Entre-temps, le gouvernement cherchera à améliorer la maintenance de ses CF-18, qui auraient du être remplacés depuis longtemps, selon le ministre Sajjan.

L'acquisition possible des Super Hornet permettrait au Canada de s'acquitter de ses obligations envers ses alliés militaires, a indiqué le ministre de la Défense. Il s'agit, dit-il, de « la solution la plus efficace pour garantir que le Canada reste un allié crédible et fiable ».

Selon le gouvernement, seuls 77 des 138 CF-18 sont toujours en service, de sorte que le Canada n'est plus en mesure de maintenir le nombre de chasseurs qui doivent être prêts à décoller en tout temps qu'exigent son alliance militaire avec les États-Unis au sein de NORAD, et celle qui lie les deux pays à leurs partenaires au sein de l'Alliance atlantique.

Le gouvernement soutient qu'il ne renonce pas pour autant à sa participation au programme des F-35, au moins jusqu'à l'attribution du contrat pour le remplacement de la flotte.

Cela permettra au Canada de « maximiser les avantages du partenariat, y compris maintenir l'accès aux retombées industrielles du F-35 », et lui procure « l'option d'acquérir le chasseur dans le cadre du programme », s'il devait être retenu au terme de l'appel d'offres pour la future flotte permanente.

Un projet qui s'annonce controversé

En juin dernier, le quotidien Ottawa Citizen avait révélé que le gouvernement Trudeau avait pris la décision d'acheter des Super Hornet de Boeing, concurrent direct du F-35, piloté par Lockheed Martin, et qu'ils présenteraient cette décision comme une mesure « intérimaire ».

L'idée de recourir à des Super Hornet a toutefois déjà été rejetée par un groupe d'experts mis sur pied par le gouvernement, au motif que cela serait trop coûteux. Il concluait que l'aviation militaire canadienne se trouverait contrainte de faire voler deux types d'appareils, nécessitant des programmes de formation, des infrastructures et des équipements différents.

Le coût des Super Hornet n'est pas connu à l'heure actuelle. Les libéraux ont déjà estimé que chaque chasseur lui coûterait 65 millions de dollars, contre 175 millions pour un appareil F35. Ces chiffres ont cependant été régulièrement mis en doute.

Le Danemark, par exemple, a récemment annoncé l'achat de 27 F-35 pour 4 milliards de dollars, ou 148 millions par appareil. Le Koweït a pour sa part décidé d'acheter 40 Super Hornet pour 13 milliards, soit 335 millions par appareil. Cette dernière commande inclut cependant 8 appareils équipés pour une guerre électronique, ce qui rend toute comparaison difficile.

Boeing et Lockheed Martin ont d'ailleurs déjà indiqué que ces comparaisons sont hasardeuses, puisque les commandes de chaque pays comprennent des spécifications particulières.

La participation du gouvernement canadien au programme des F-35 a coûté 311 millions de dollars jusqu'ici. Ottawa estime cependant avoir profité de retombées économiques estimées à plus de 1 milliard de dollars.

Industrie Canada a estimé il y a deux ans que cette somme pourrait atteindre 9,5 milliards de dollars à terme. Ces retombées ne sont toutefois pas garanties, les compagnies intéressées devant répondre à des appels d'offres.

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