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Ottawa veut protéger les fonds marins de la côte nord du Pacifique en limitant la pêche

À Vancouver, le ministre de Pêches et Océans Canada, aussi responsable de la garde côtière, a annoncé l'approbation d'un plan pour mieux protéger les eaux de la côte ouest. Dominique Leblanc fera par ailleurs une autre annonce jeudi qui soulève déjà la colère des pêcheurs.

Le plan de la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique (ZGICNP) est le fruit de plusieurs années de consultations et de collaboration. Il fournit un cadre de gestion de l'écosystème « qui vise à établir un équilibre entre les buts et les objectifs écologiques, économiques et sociaux pour assurer le développement durable », selon Pêches et Océans Canada.

Pour arriver à ce qu'il voit le jour, plusieurs niveaux de gouvernance (fédéral, provincial, Premières Nations) et des pêcheurs ont dû se mettre autour de la table. Le ZGICNP correspond au programme de protection des Océans dans lequel Ottawa avait investi 1,5 milliard de dollars en novembre 2016.

Sur le plan économique, beaucoup de gens dépendent des zones littorales de cette région pour gagner leur vie, cela comprend bien évidemment des pêcheurs commerciaux.

Dominic LeBlanc, ministre fédéral

Tous les acteurs concernés s'accordent pour applaudir l'initiative, car un tel plan de gestion de l'écosystème ne s'est jamais vu auparavant. Mais là où le bât blesse, c'est par rapport à une autre annonce prévue jeudi.

Selon la fédération des pêcheurs indépendants, Pêches et Océans Canada va interdire la pêche dans le détroit d'Hecate, près de l'archipel Haida Gwaii, où des récifs d'éponges siliceuses ont été découverts en 2015. Jim McIsaac, le vice-président de la plus grande association de pêcheurs du Canada, dénonce cette décision qu'il qualifie d'unilatérale et d'inquiétante.

« Il y a quatre mois, le ministère des Océans a décidé de chambouler le plan et de fermer toute la zone à la pêche », s'indigne Jim McIsaac. Pendant sept ans, ajoute-t-il, les pêcheurs ont travaillé à développer un plan pour protéger les éponges siliceuses tout en poursuivant leurs activités de pêche commerciale.

Ce n'est qu'une poignée de pêcheurs pour eux, mais ce sont des emplois.

Jim McIsaac, vice-président de la Fédération des pêcheurs indépendants du Canada

Les pêcheurs craignent que l'interdiction de la pêche dans un périmètre de 2000 km menace des emplois, « tant sur les chalutiers que sur terre, sans compter tous les métiers qui découlent de l'industrie », estime Jim McIsaac. Pour ce dernier, il est possible de conserver la pêche dans cette zone marine tout en la préservant.

Ce ne sera pas une surprise [...] de constater que je ne partage pas l'idée que c'est un choix entre une économie et des emplois ou la protection marine. Nous croyons qu'on peut avoir les deux.

Dominic LeBlanc, ministre fédéral

Les pêcheurs trouvent ces mesures « beaucoup trop extrêmes dans un secteur où nous avons une pêche durable avec de nombreuses prises de flétans, de crevettes tachetées, de crabes, de morues ou encore de thons », fait savoir Jim McIsaac.

Les pêcheurs mettent les consommateurs britanno-colombiens en garde, car, selon eux, dès que la mesure sera en place, d'ici mars ou avril, le prix du poisson augmentera.

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