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Ottawa veut savoir comment des insurgés yéménites ont eu des armes manitobaines

Le gouvernement canadien fait des pieds et des mains pour déterminer comment des fusils de tireur d'élite LRT-3 sont arrivés entre les mains de rebelles houthis, au Yémen. « La ministre du Commerce international a rencontré les fonctionnaires du ministère et les a chargés d'examiner ce dossier sous toutes ses facettes », explique David Lametti, secrétaire parlementaire de la ministre.

La guerre qui déchire le Yémen, un des pays les plus pauvres du monde, oppose les Houthis chiites, alliés à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, au gouvernement actuel, appuyé par une coalition de pays sunnites dirigés par l'Arabie saoudite.

Lundi, une photo montrant un rebelle houthi du Yémen en possession d'une arme de pointe vraisemblablement fabriquée à Winnipeg a relancé le débat sur les ventes d'armes du Canada à l'Arabie saoudite.

Une autre photo et une vidéo également publiées par des médias houthis montrent aussi trois combattants aux pieds desquels se trouve une arme qui ressemble à un autre fusil de précision pour tireur d'élite fabriqué par la même firme, soit PGW Timberwolf.

Les médias liés aux rebelles chiites en lutte contre le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale n'identifient pas formellement l'arme. Ils affirment qu'elle a été saisie de gardes-frontières saoudiens.

Selon la firme de consultants sur les réseaux de renseignements internationaux Armament Research Services (ARES), il est pratiquement certain qu'il s'agit bel et bien de l'arme canadienne LRT-3. D'après eux, il est vraisemblable que cela se soit produit plus d'une fois.

Le propriétaire de PGW Defence Technologies, Ross Spagrud, a refusé de répondre de répondre aux questions sur le sujet. « Toutes nos exportations sont entreprises sous l'autorité des permis d'exportation délivrés par le gouvernement canadien », s'est-il contenté de dire.

Bien qu'Ottawa n'ait pas encore réussi à confirmer comment les armes se sont retrouvées chez les insurgés, le secrétaire parlementaire de la ministre du Commerce international assure que les détails de l'enquête seront accessibles aux Canadiens.

« Le Parti libéral a fait campagne sur la transparence de ce type d'opération, a affirmé David Lametti, et nous allons tenir notre promesse. »

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