Retour

Ottawa vole au secours de l’industrie forestière avec 867 millions de dollars

Le gouvernement fédéral offre quelque 867 millions de dollars d'aide financière à l'industrie canadienne du bois d'œuvre pour l'aider à faire face aux récentes mesures tarifaires imposées par les États-Unis sur le bois canadien.

Lors d’une conférence de presse commune, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, sa collègue des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ainsi que le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, ont présenté un plan destiné à aider les communautés touchées par les droits de douane américains, mais aussi à diversifier l’industrie du bois au Canada.

Dans un premier temps, Ottawa consacrera 605 millions de dollars en garantie d’emprunt et en solution de financement pour les entreprises canadiennes touchées par l’imposition, en avril dernier, de nouveaux droits compensateurs de 3 % à 24 % aux exportateurs canadiens de bois d’œuvre.

De cette somme, 500 millions seront confiés à Exportation et développement Canada pour offrir des solutions de gestion du risque, du financement commercial ainsi que des prêts et des garanties d’emprunt à des « entreprises forestières viables ».

Les 105 millions restants seront confiés à la Banque de développement du Canada pour offrir du financement commercial aux entreprises forestières.

Transformation et modernisation de l'industrie forestière

Ressources naturelles Canada recevra pour sa part une enveloppe de 123 millions de dollars pour prolonger et financer les programmes Investissement dans la transformation de l'industrie forestière (ITIF) ainsi que le Programme d'innovation forestière (PIF) qui recevront respectivement 55 et 63 millions de dollars.

Des millions pour diversifier l'industrie et trouver de nouveaux débouchés

Conscient que 78 % des exportations de bois d'oeuvre canadien sont destinés aux États-Unis, ce qui rend l'industrie canadienne du bois très dépendante des États-Unis, Ottawa consacrera 45 millions de dollars sur trois ans pour diversifier l'industrie canadienne du bois.

Avec cette somme, on entend développer de nouveaux marchés pour les produits canadiens à l'étranger ainsi que promouvoir l'utilisation du bois dans la construction d'immeubles non résidentiels. Ottawa entend notamment se tourner vers la Chine, où les édifices à structure de bois suscitent l'intérêt.

« En Chine j’ai eu de nombreuses rencontres notamment avec le China urban property developers council afin de développer des relations stratégiques avec eux. Ce regroupement a enregistré des ventes de plus de 600 milliards de dollars en 2016. », a déclaré le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Puis, 80 millions de dollars iront en mesures de soutien aux travailleurs et aux collectivités, ce à quoi s'ajoutent 10 millions de dollars en initiative de foresterie dans les communautés autochtones.

Finalement, 9,5 millions de dollars seront consacrés à des mesures de soutien pour atténuer les pertes d'emploi liées à la crise du bois d'oeuvre.

Les sommes contenues dans le plan d'aide du fédéral s’ajoutent aux mesures d’aide déjà déployées par les gouvernements provinciaux.

Ce plan d’Ottawa était très attendu par l’industrie et par les gouvernements du Québec et de l’Ontario, notamment.

Un programme complémentaire aux efforts de Québec

La ministre libérale de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, se réjouit du plan proposé par Ottawa, qui selon elle « envoie un message clair » quant à la problématique touchant le secteur du bois d'oeuvre canadien.

La ministre a insisté sur la complémentarité du plan fédéral avec le programme mis en place par Québec pour accompagner les entreprises oeuvrant dans le domaine du bois d'oeuvre dans leurs demandes de prêts.

« Le Québec a été extrêmement proactif (...), et cette manière de mobiliser les gens aura porté fruit », a souligné Dominique Anglade.

En avril, les États-Unis ont imposé de nouveaux droits compensateurs aux exportateurs canadiens de bois d’œuvre. Les nouveaux tarifs oscillent de 3 % à 24 % pour certaines sociétés.

Une décision sur les droits antidumping est également attendue le 23 juin de la part des autorités américaines.

Au Canada, plus de 200 000 personnes travaillaient dans le secteur en 2015, dont 9500 provenaient des communautés autochtones. Au Québec, l'Institut économique de Montréal estime que le marché américain représente près de 75 % des exportations canadiennes de bois d'œuvre et près de 24 300 emplois directs.

À l'échelle économique, l'industrie du bois représentait en 2016 une valeur de plus de 22 milliards de dollars du PIB du Canada.

En 2001, lors de la dernière guerre du bois d’œuvre, Ottawa avait mis plusieurs mois avant de mettre en œuvre deux programmes d'aide financière. Il avait d'abord octroyé plus de 300 millions de dollars en 2002, puis 1,5 milliard en novembre 2005.

Plus d'articles

Commentaires