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Où est-on le plus sévère envers les fumeurs au pays? La réponse en carte

Le Québec n'est pas le seul à renforcer sa lutte contre le tabagisme. Au moment où la province s'apprête à sévir encore plus contre les fumeurs, voici un tour d'horizon des lois antitabac au Canada. Et de leurs réels impacts.

Un texte de Danielle Beaudoin

Le gouvernement québécois tient des audiences ces jours-ci sur le projet de loi 44, qui vise notamment à interdire de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants et à soumettre la cigarette électronique aux mêmes restrictions que celles imposées au tabac.

Plusieurs provinces ont déjà pris les devants, et les plus sévères au pays en ce moment sont le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et la Nouvelle-Écosse.

Il est interdit depuis plusieurs années partout au Canada de fumer dans les endroits publics et les milieux de travail fermés. Pour le reste, cela varie d'un endroit à l'autre. Certaines provinces permettent de fumer sur les terrasses, d'autres, non. Dans de nombreux endroits, les fumeurs peuvent encore griller une cigarette dans les parcs et sur les plages. Les zones tampons près des portes et fenêtres d'endroits publics varient aussi d'une province à l'autre.

Règlements antitabac : qui légifère?

Au Québec, historiquement, c'est plutôt la province qui encadre la lutte contre le tabagisme, selon Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

Par contre, en Ontario et dans plusieurs autres provinces, ce sont plutôt les municipalités qui mènent le bal. « Les lois provinciales arrivent un peu par la suite, quand le consensus est établi; elles viennent consolider un amalgame de petits règlements », explique-t-elle.

Elle précise qu'en matière de lutte contre le tabagisme, l'autorité fédérale ne s'applique que sur les terrains ou les immeubles de la Couronne.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Des lois plus sévères, moins de fumeurs?

Les mesures antitabac comme l'interdiction de fumer sur les terrasses sont-elles efficaces? Réduisent-elles vraiment le nombre de fumeurs? François Damphousse explique qu'il est presque impossible de mesurer individuellement l'impact de ces mesures. Il souligne que ce qui réduit le tabagisme, c'est l'ensemble des mesures mises en place au fil des ans :

  • les avertissements de santé sur les paquets de cigarettes;
  • l'interdiction de promouvoir les produits du tabac;
  • l'interdiction de fumer dans les lieux de travail;
  • l'interdiction de fumer dans les endroits publics;
  • etc.

Il rappelle que le taux de tabagisme était de 30 % chez les Québécois âgés de 15 ans et plus en 1999, et qu'il était de 17 % en 2013.

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François Damphousse estime que les mesures mises en place en 1998 et 2005 au Québec ont eu pour effet de réduire considérablement l'usage du tabac au sein de la population. « Les preuves sont là », souligne-t-il.

Et la cigarette électronique dans tout ça?

L'Association des droits des non-fumeurs est favorable à la cigarette électronique. Lors des audiences de la commission, François Damphousse a expliqué qu'il fallait bien sûr encadrer l'usage de ce produit, notamment pour ce qui est de la vente aux mineurs. Mais le porte-parole de l'Association a aussi rappelé qu'il était impossible d'éliminer complètement le tabagisme.

M. Damphousse cite une étude récente de Public Health England, un organisme affilié au ministère britannique de la Santé. Selon cette étude financée par des fonds publics, la cigarette électronique serait de 95 % moins dangereuse pour la santé que le tabac, et les émanations de nicotine ne seraient pas dangereuses pour les « vapoteurs secondaires ». L'étude recommande même d'autoriser les médecins à prescrire le vapotage pour lutter contre le tabagisme traditionnel.

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