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Où la foudre frappe-t-elle le plus? La réponse en carte

34 millions. C'est le nombre d'éclairs détectés au Canada depuis 1998. Mais le pays n'est pas parmi les régions les plus touchées du globe, qui est frappé par environ 1,4 milliard d'éclairs par année. À vos paratonnerres!

Un texte d’Alain Labelle

Au Canada, la longueur de la saison de la foudre varie beaucoup d’une région à l’autre, mais la tendance est claire : elle est de plus en plus courte en se déplaçant vers le nord.

Cette carte montre le nombre total de foudroiements calculé à l’intérieur d’un rayon de 25 kilomètres du centre de chaque ville. La période d’observation s’étend de 1999 à 2013.

Le principal élément formateur d’orages est la chaleur, lorsqu’il y a une différence marquée de température entre le bas et le haut du nuage. Pour cette raison, les régions du Canada les plus chaudes sont donc les plus susceptibles d'avoir de la foudre, explique la météorologue Amélie Bertrand, d'Environnement Canada.

« Windsor est la ville qui se fait frapper le plus souvent par la foudre, et elle se trouve exactement sur la pointe sud de l’Ontario », poursuit Mme Bertrand.

La ville ontarienne a comptabilisé 47 jours de foudre en 2006, mais sa moyenne se situe à 43 jours. Suivent ensuite d’autres villes de la région, comme Chathman-Kent (41), London (40) et Sarnia (39).

L’été, saison parfaite pour tempête parfaite

La foudre étant associée à la chaleur, le fait que les statistiques mensuelles nationales montrent que le nombre d’éclairs augmente avec l’arrivée du printemps pour diminuer ensuite au mois d’août et septembre n'est pas une surprise.

L’éclair le plus au nord enregistré au Canada le fut près du détroit du Vicomte-Melville, au Nunavut, en août 2013.

Dans le sud de l’Ontario, la saison de la foudre s’étend en moyenne de la mi-mars jusqu’au début de novembre. Dans les régions nordiques, la saison moyenne s’étend de la mi-mai jusqu’à la mi-septembre. Elle est pratiquement permanente dans la région côtière du Pacifique et dans le sud de la Nouvelle-Écosse.

L’heure de l’éclair

Le moment de la journée le plus fréquent pour la foudre est de 13 h à 18 h.

La foudre à l’étude

Environnement Canada compte sur le Réseau canadien de détection de la foudre mis sur pied en 1998 pour comptabiliser la foudre au pays.

Il s’agit d’un regroupement de 80 capteurs de foudre répartis dans tout le Canada. Il fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par année, et détecte les décharges nuage-sol et un petit pourcentage des décharges nuage-nuage.

Il peut détecter jusqu’à 45 000 éclairs par heure, mais en règle générale, le nombre maximal d’éclairs par heure au Canada est inférieur à 25 000.

La foudre dans le monde

Le Canada n’apparaît pas au palmarès des pays les plus frappés par la foudre pour les mêmes raisons énoncées plus tôt, c’est-à-dire qu’il y a de moins en moins d’orages en se déplaçant vers les pôles.

En fait, les orages sont statistiquement plus nombreux autour de la zone de convergence (des vents) intertropicale, explique le météorologue Pascal Yiacouvakis, de Radio-Canada.

L'air chaud de cette région frappée de plein fouet par la lumière du soleil monte de la surface vers les hautes régions de l'atmosphère et refroidit. À ce moment, l'humidité dans l'air se condense et forme d'imposants nuages, de fortes précipitations et des éclairs.

Le centre du monde des éclairs

Pour établir la mappemonde de la foudre, la météorologue Rachel Ifanger Albrecht de l’Université de Sao Paulo au Brésil et ses collègues ont analysé les données recueillies pendant 16 ans grâce à la Mission de mesure des précipitations tropicales de la NASA et de l’agence spatiale japonaise.

Sans grande surprise, ils ont constaté que les régions les plus proches de l’équateur sont aussi celles qui obtiennent les statistiques les plus élevées. Ces conditions apparaissent pratiquement quotidiennement à certains endroits près de l'équateur, mais rarement dans d’autres.

Les régions les plus frappées

La région du monde où il y a le plus d’éclairs se trouve au-dessus du lac Maracaibo au Venezuela, en Amérique du Sud. La seconde, dans le bassin congolais, en Afrique.

La zone de convergence des vents (montagnes, vallées, lac et mer) qui souffle au-dessus du lac Maracaibo, dont l’eau de surface est chaude, contribue à la formation d’orages nocturnes pendant presque toute l’année, c’est-à-dire 297 jours par an en moyenne.

Ces orages sont très localisés, et leur développement explique la densité des éclairs. Plusieurs autres lacs intérieurs possèdent des conditions similaires autour de l’équateur.

L’Afrique électrique

L’Afrique est le continent qui possède le plus de régions sujettes aux éclairs, suivi de l’Asie, de l’Amérique du Nord et de l’Océanie.

La plupart des zones continentales favorables aux éclairs sont situées près de chaînes de montagne, ce qui montre l’importance de la topographie dans le développement des orages.

En outre, les chercheurs ont été surpris de constater que l'endroit qui détient le record d'éclairs de la planète se trouve en Amérique du Sud, et non en Afrique, le continent qui détient pourtant le plus grand nombre de régions aux épisodes intenses de foudre.

Voici les six régions du monde où l’activité orageuse est la plus intense :

  • La République démocratique du Congo, dans le centre de l’Afrique. Des orages s’y produisent toute l’année. Ils sont causés par les masses d'air chargées d'humidité en provenance de l'océan Atlantique qui rencontrent des montagnes en se déplaçant à travers le continent.
  • Le nord-ouest de l'Amérique du Sud. Les vents chauds de l'océan Pacifique transportent des masses d'air chargées d'humidité vers les montagnes des Andes, ce qui provoque un refroidissement et d'orage.
  • Le bassin de l’Himalaya. Les vents saisonniers transportent des vents chauds et de l’air humide en provenance de l’océan Indien vers les montagnes, ce qui favorise l’activité orageuse.
  • Le centre de la Floride, entre Tampa et Orlando
  • La région est connue comme l’avenue des éclairs aux États-Unis. L'air chaud et ascendant y rencontre la brise de l'océan Atlantique et du golfe du Mexique, ce qui provoque de nombreux orages.
  • La pampa argentine. Au printemps et durant l’été, des vents humides venant de l’océan Atlantique y rencontrent les montagnes et produisent d’intenses orages.
  • L’Indonésie. Les vents en provenance de l’océan Indien poussent l’air chaud et humide vers les montagnes volcaniques de Java et Sumatra, ce qui favorise la création d’orages violents.

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