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Où se trouvent les barrages jugés vétustes par les ingénieurs de l'État?

Des documents remis à Radio-Canada par des ingénieurs du gouvernement révèlent que plusieurs des 42 barrages québécois en manque d'entretien sont situés en amont de villes importantes. Le mauvais état des systèmes de vannes de ces barrages pourrait les empêcher de jouer leur rôle de régulation des cours d'eau et mener à l'assèchement partiel de réservoirs.

Un texte d’Alexandre Touchette

En grève depuis une semaine, les ingénieurs du gouvernement multiplient leurs sorties sur les conséquences du manque d’effectifs qualifiés pour gérer les infrastructures québécoises.

Une note interne du ministère de l’Environnement, obtenue par Radio-Canada, révèle que les équipements d’une quarantaine de barrages, dont les systèmes d'ouverture des vannes qui contrôlent les crues, sont à risque de défaillance ou carrément dysfonctionnels.

Les documents du ministère font état de systèmes de chauffage inopérants, de vannes dysfonctionnelles et de systèmes électriques et hydrauliques déficients, sans toutefois préciser l’état de chacun de ces barrages.

La carte ci-dessous montre l'emplacement des 16 barrages où l’arrêt du fonctionnement de ces vannes aurait des impacts majeurs sur le contrôle d’inondations ou les prises d’eau potable.

Plusieurs de ces barrages se trouvent en amont de zones urbanisées, comme le barrage qui retient le réservoir Beaudet, à Victoriaville, le barrage Grand Moulin entre Laval et Deux-Montagnes, qui régule le niveau de la rivière des Mille Îles, et les barrages Pibrac Est et Ouest, qui contrôlent le réservoir Kénogami, en amont de Jonquière.

À Victoriaville, une des cinq vannes du barrage Beaudet construit il y a 40 ans a été remplacée l’an dernier. Les quatre autres vannes sont arrivées à la fin de leur vie utile et doivent aussi être remises à neuf. Le directeur de l’environnement de la Ville de Victoriaville, Serge Cyr, estime toutefois que le barrage est encore très sécuritaire.

Nos demandes d’information au ministère de l’Environnement du Québec sont restées sans réponses jusqu’à maintenant. Questionné à ce sujet à Québec, le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, s’est fait rassurant. « Je me suis entretenu avec mon collègue le ministre de l’Environnement, il n’y a pas lieu d’inquiéter les gens, la sécurité de toutes les infrastructures publiques est assurée », a-t-il affirmé.

D'après le rapport interne du ministère de l'Environnement, sans l'embauche d’une trentaine d’employés supplémentaires pour inspecter et superviser l’entretien de ces barrages, il faudra un jour cesser d’utiliser leurs vannes et vider en partie les réservoirs situés en amont. Ce qui pourrait avoir des impacts sur les propriétés riveraines et les activités récréotouristiques.

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