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Où sont nés les athlètes canadiens qui sont à Rio? La réponse en carte

Ils viennent surtout de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec, mais aussi des cinq continents, et ils représentent le Canada aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro. L'un de ces athlètes est-il né près de chez vous? Portrait et explications.

Un texte d'Alain Labelle

Environ un athlète canadien sur huit est né à l'étranger, plusieurs aux États-Unis et en Europe, mais aussi dans une vingtaine d'autres pays. Reste que la grande majorité des athlètes sont originaires du Canada et que certaines provinces sont surreprésentées et d'autres absentes.

Ce qui amène un jeune à pratiquer un sport plutôt qu'un autre et à devenir un athlète est influencé par plusieurs facteurs, allant de l'engouement personnel à la disponibilité d'installations d'entraînement de premier plan.

Des préférences régionales

Les jeunes peuvent être marqués par les succès passés d'athlètes de leurs régions d'origines aux Jeux olympiques.

C'est le cas de la pratique du plongeon au Québec. De la médaille d'or de Sylvie Bernier en 1984, en passant par les médailles gagnées depuis par Alexandre Despatie, Anne Montminy, Émilie Heymans, et Annie Pelletier, les athlètes québécois ont récolté pas moins de 10 des 11 médailles du pays dans cette discipline.

La performance de Sylvie Bernier « a peut-être inspiré plus de Québécois » pour le plongeon, note Olivier Pellerin, journaliste à Radio-Canada Sports. De plus, le centre national d'entraînement se trouve à Montréal, ce qui « peut également influer sur le choix d'un athlète pour une discipline », poursuit-il.

Pas étonnant que les sept plongeurs de la délégation canadienne à Rio de Janeiro soient originaires de la région de Montréal.

Les préférences historiques

L'histoire d'une région peut aussi se répercuter sur la pratique d'un sport. Si le hockey sur gazon est né au Royaume-Uni dans les années 1800, c'est plutôt en Colombie-Britannique qu'est apparue sa forme moderne, vers 1880.

L'immigration de joueurs venant de tous les pays du Commonwealth après la Deuxième Guerre mondiale a aussi influencé son développement au pays, particulièrement en Colombie-Britannique, où ce sport peut être joué à l'extérieur toute l'année.

Pas surprenant alors que 14 des 16 joueurs de l'équipe canadienne soient Britanno-Colombiens. Il ne faut donc pas se surprendre si la Colombie-Britannique envoie presque autant d'athlètes que le Québec aux Jeux olympiques. 

De plus, la Colombie-Britannique est fortement représentée dans d'autres sports d'équipes, comme l'aviron. C'est aussi le cas pour l'Ontario.

L'argent et l'excellence

Le tiers des athlètes canadiens à Rio sont nés en Ontario. Non seulement la province est la plus populeuse, mais ses athlètes peuvent compter sur de bons programmes provinciaux de financement et de nombreux centres d'excellence, comme ceux de cyclisme, à Milton, ou d'aviron, à London.

D'une province à l'autre

Des centres bien équipés pour accueillir des athlètes d'élite et des entraîneurs de calibre international ne font pas qu'inspirer et retenir des athlètes dans leurs provinces d'origine : ils en attirent d'autres d'ailleurs au pays.

Le cas du rugby féminin en est un bon exemple, explique le journaliste Guillaume Boucher de Radio-Canada Sports. L'équipe composée d'Ontariennes, d'Albertaines, de Québécoises et de Britanno-Colombiennes s'entraîne dans la région de Vancouver au Centre d'excellence de Rugby Canada, le nouveau centre d'entraînement national. La plupart des membres de l'équipe ont donc déménagé d'une province à l'autre.

Des chances égales d'une région à l'autre?

Le financement fait une différence dans le cheminement d'un athlète aux Jeux olympiques et certains sports ne sont vraiment pas favorisés, note le journaliste Olivier Pellerin. C'est que le financement fédéral ne passe pas par des considérations régionales, mais bien par les performances des athlètes.

Au Canada, le programme À nous le podium (ANP) finance les différentes fédérations sportives. Il dirige le développement des sports pour que les athlètes réalisent de meilleures performances aux Jeux olympiques. Son objectif : procurer le plus de médailles possible au Canada.

Ainsi, si un sport n'a pas été médaillé dans les derniers Jeux, son budget va fort probablement être révisé à la baisse. Ça a été le cas récemment pour Triathlon Canada. Des athlètes en font les frais, comme Amélie Kretz et Sarah-Anne Brault, basées en Australie, qui ont perdu une partie de leur financement à quelques mois des Jeux.

L'équipe féminine de water-polo souffrira fort probablement de ne pas s'être qualifiée pour les Jeux de Rio, prévoit Olivier Pellerin. Selon lui, dans le prochain cycle olympique, le budget de l'équipe sera moindre en raison de ses performances décevantes.

Depuis les Jeux de Montréal

Reste que le financement des sports olympiques a beaucoup évolué et augmenté au Canada depuis les Jeux de 1976.

En fait, le financement était inexistant avant les Jeux de Montréal. L'événement a vraiment changé la réalité des athlètes, non seulement en ce qui a trait au financement, mais également pour ce qui est des installations olympiques laissées en héritage.

Les trois villes olympiques canadiennes, avec Vancouver et Calgary, sont donc des pôles importants pour le sport. Elles abritent des centres de recherche et des installations d'entraînement de haut niveau, ce qui est la base de la création d'un athlète d'élite.

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