Les quelque 25 000 réfugiés syriens arrivés au Canada depuis l'automne dernier sont répartis dans environ 250 communautés au pays, petites et grandes. Au Québec toutefois, les réfugiés sont davantage regroupés : leurs nouveaux foyers se trouvent dans les 13 villes ciblées par le gouvernement.

Un texte de Mathieu Gobeil

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C'est l'Ontario qui accueille le plus de réfugiés syriens depuis le 4 novembre. Sur les 25 000 faisant partie du plan du fédéral, 10 186 se retrouvent dans cette province. Les réfugiés se concentrent dans les grandes villes comme Toronto, Ottawa, Windsor, London et Hamilton, mais quelque 100 autres municipalités en accueillent également.

Le Québec, qui administre son propre programme d'accueil, arrive deuxième, avec 5191 réfugiés. Ce chiffre comprend toutefois les réfugiés accueillis depuis le 1er janvier 2015, soit avant la date du 4 novembre choisie dans le plan du gouvernement fédéral. 

L'Alberta suit le Québec, avec 3127 réfugiés depuis novembre. Calgary et Edmonton se partagent le gros du contingent, mais une vingtaine de villes au total en accueillent dans cette province.

13 villes au Québec

Au Québec, 13 villes ciblées par le gouvernement provincial ont accueilli des réfugiés. Il s'agit de Montréal, Québec, Trois-Rivières, Laval, Longueuil, Sherbrooke, Gatineau, Granby, Victoriaville, Joliette, Saint-Hyacinthe, Drummondville et Saint-Jérôme.

Rien n'empêche toutefois des citoyens ou des groupes à l'extérieur de ces villes de parrainer des réfugiés syriens.

Jusqu'à présent, seulement une dizaine de réfugiés ont trouvé un foyer en dehors de ces 13 grands centres, selon le porte-parole du ministère québécois de l'Immigration, Jonathan Lavallée. Ils sont répartis dans Mercier, Repentigny et la région de Trois-Rivières.

« La tendance pourrait changer, il pourrait y en avoir davantage. Mais pour l'instant, c'est peu », confirme M. Lavallée.

Au Québec, 2100 réfugiés doivent encore arriver pour atteindre l'objectif du gouvernement provincial, qui est de 7300 réfugiés syriens en 2015-2016.

Prise en charge par l'État ou parrainage privé

Dans l'ensemble du Canada, plus de la moitié des réfugiés sont pris en charge par le gouvernement. Le reste est parrainé par des familles, des églises, et des regroupements de citoyens.

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« Dans le parrainage public, le gouvernement finance l'ensemble de l'accueil. Il paie tant pour le transport international que les 12 premiers mois hébergement. Les réfugiés ont aussi des allocations de survie. Dans l'option du parrainage privé, les parrains s'engagent à couvrir les frais associés à vivre ici pendant 12 mois, à hauteur d'environ 25 000 $ », rappelle François Audet, directeur de l'Observatoire canadien des crises et de l'aide humanitaire et professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, qui a lui-même parrainé des réfugiés syriens.

Le Québec se distingue toutefois du reste du Canada, puisque le parrainage privé y occupe une place beaucoup plus importante. L'État ne prend en charge que 15 % des réfugiés.

« Chronologiquement, le Québec s'est investi rapidement et était dans les premières vagues, les premiers mois de cet arrivage de réfugiés là », bien avant que le gouvernement fédéral n'annonce son plan d'accueil, souligne François Audet. « Il y a donc eu un lot important de parrainage privé qui s'est fait » dès 2014, dit-il, ce que confirme le ministère de l'Immigration du Québec.

« La communauté syrienne et les églises, notamment chrétiennes, sont très mobilisées depuis le début du conflit. Ce qui fait en sorte que le parrainage privé est très important au Québec, ce qui est moins le cas dans le reste du Canada, où la communauté syrienne est moins importante. Dans les autres provinces, c'est plus difficile de trouver des parrains privés. [Le gouvernement a alors opté] pour le parrainage public », poursuit François Audet.

Le même phénomène peut expliquer pourquoi l'accueil au Québec est concentré géographiquement, alors qu'il est plus dispersé dans les autres provinces.

« La communauté syrienne est la principale engagée dans ce parrainage privé là. Il suffit d'aller dans le centre d'accueil des réfugiés à Dorval, où c'est majoritairement du parrainage fait par des familles syriennes qui rapatrient les membres de leur famille, de leurs amis, etc. », explique M. Audet.

Ailleurs au pays, on retrouve davantage de parrainage « indépendant » à l'extérieur du réseau de la communauté syrienne. Il s'agit souvent d'initiatives personnelles ou de groupes qui n'ont pas nécessairement de liens avec la communauté, explique-t-il.

Le long chemin de l'intégration

D'ici la fin de l'année, le gouvernement fédéral compte accueillir 10 000 autres réfugiés syriens. Les cibles officielles seront annoncées d'ici 10 jours.

Lundi, le ministre de l'Immigration du Canada, John McCallum, a rappelé qu'il restait beaucoup à faire pour faciliter l'intégration des 25 000 réfugiés accueillis depuis novembre, et assurer que tous aient un logement adéquat. L'obtention d'un emploi et les cours de français et d'anglais s'ajoutent aussi aux éléments requis pour aider à leur intégration.

Radio-Canada rapportait la semaine dernière que certains parrains étaient dépassés par la tâche d'accueil des réfugiés.

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