Les électeurs de Cardigan, à l'Île-du-Prince-Édouard, l'ignorent peut-être, mais ils sont ceux qui ont le plus voté à la dernière élection. 

Un texte de Ximena Sampson

La participation aux élections fédérales a baissé de façon considérable ces dernières années au pays. Alors que jusqu'en 1988, il oscillait autour de 75 % (avec des sommets à 79 % au début des années 1960), il est maintenant plutôt de 60 %, une tendance qui se maintient depuis le début des années 2000. 

En d'autres termes, quatre électeurs sur dix ne votent pas.

Pour voir le taux de participation sur votre appareil mobile, cliquez ici.

La nouvelle norme?

Pour le professeur André Blais, de l'Université de Montréal, ce taux de participation de 60 % semble devenir la norme.

Cette tendance à la baisse n'est pas propre au Canada. On l'observe dans plusieurs des sociétés occidentales. Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, notamment, ont enregistré des baisses semblables aux élections législatives au cours des dernières années.

Pour voir le taux de participation dans plusieurs pays sur votre appareil mobile, cliquez ici.

D'importantes différences provinciales

La situation n'est pas la même partout au pays. Alors que certaines provinces, comme les Maritimes, affichent des taux de participation encore assez élevés, Terre-Neuve et Labrador, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest sont en dessous de la moyenne nationale.

Qu'est-ce qui explique ces variations? Selon les analystes, le sentiment d'appartenance à la communauté et les pressions sociales qui en découlent jouent un rôle important.

Pour voir le taux de participation par province sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Évidemment, les enjeux locaux peuvent parfois changer la donne. Là où les luttes sont serrées, les électeurs ont plus tendance à se déplacer que dans des circonscriptions où ils ont l'impression que c'est gagné (ou perdu) d'avance.

Dans la circonscription de Saanich-Gulf-Island, où Elizabeth May, la chef du Parti vert, est devenue la première candidate élue pour son parti, le taux de participation a été un des plus élevés au pays, à 74 %. Elle avait une avance de 10 % sur son plus proche rival. Il faut cependant préciser qu'il s'agit de la circonscription avec l'âge médian le plus élevé au Canada, soit 48,3 ans.

Pour voir les cinq circonscriptions où on a voté le plus en 2011, cliquez ici.

Pour voir les cinq circonscriptions où on a voté le moins en 2011, cliquez ici.

Fort McMurray-Athabasca, la circonscription la plus abstentionniste

À l'inverse, la circonscription où le taux de participation a été le plus bas est Fort McMurray-Athabasca, avec seulement 40 % des électeurs qui ont voté, l'avance du candidat conservateur qui l'a emporté était de 58,6 %.

Mais c'est aussi une des circonscriptions où l'âge médian est le plus bas au pays, soit 32,6 ans. De plus, 20 % de la population se déclare d'identité autochtone, un segment de la population qui vote moins que la moyenne. Fort McMurray est également un lieu de passage pour bien des travailleurs de l'industrie pétrolière.

Lors de l'élection partielle du 30 juin 2014, le taux de participation y a atteint un plancher historique de 15,3 %. Des taux inférieurs à 50 % aux élections générales n'ont rien d'exceptionnel dans cette circonscription.

Plus d'articles

Commentaires