Comme si les dommages causés par les vents violents n'étaient pas suffisants, les Texans subissent depuis samedi une deuxième calamité : les inondations massives. L'ouragan Harvey avance lentement, s'éternisant au-dessus du Texas et déversant une immense quantité d'eau.

Un texte d’Étienne Leblanc, envoyé spécial de Radio-Canada

Quand il énumère les ouragans qu’il a vécus, Don Schultz utilise ses dix doigts. Celia (1970, index), Rita (2005, majeur), Ike (2008, auriculaire), et ainsi de suite, jusqu’à Harvey (pouce).

Celui-là, il ne l’oubliera pas de sitôt.

L’ouragan Harvey lui a fait peur. Un peu parce qu’il a gagné en puissance juste avant d’arriver sur le continent. Mais surtout, il est arrivé en pleine nuit.

S’il a refusé d’évacuer les lieux, il n’a pas fermé l’oeil de la nuit. Avec sa femme, il s’est préparé un thé, s’est assis dans le salon, et il a attendu.

« Il n’y a rien d’aussi saisissant que le bruit d’un ouragan pendant la nuit, dit M. Schultz. C’est d’une puissance indescriptible ».

Quand il a senti que la tempête était à son maximum, il s’est réfugié dans la salle sécuritaire qu’il a aménagée, sans fenêtre. Il y est resté jusqu’au petit matin.

Plus tard, quand il a ouvert la porte pour constater les dégâts, ce fut le choc. De l’eau, partout. De l’eau brune, rougeâtre même, dont la couleur provient de l’écoulement de la terre d’un grand chantier près de chez lui.

De l’eau, partout sur son terrain et ceux de ses voisins.

Dans cet ouragan, Don Schultz a perdu au moins trois arbres matures sur sa propriété. Une perte matérielle, certes, mais qui lui fait mal.

Un double coup

Depuis qu’il a touché terre vendredi soir, l’ouragan Harvey ne veut pas mourir. Il avance lentement, très lentement, et reste collé au-dessus du sud du Texas et déverse son eau. Il le fera jusqu’au milieu de la semaine, selon les prévisions météorologiques.

Pour la population, c’est un double choc. Après le vent qui a détruit son lot de structures, les Texans voient leurs champs, leurs routes, et parfois leur sous-sol se gorger d’eau.

Dans la région, la plupart des champs agricoles, comme les plantations de coton, sont déjà touchés.

Dans certains champs inondés, il faudra aussi retirer les débris transportés par le vent.

De nombreuses routes seront aussi inondées au cours des prochains jours.

Quand on demande à Don Schultz s’il craint que le niveau de l’eau continue à monter au cours des prochains jours au point d’inonder sa maison, il répond que ce n’est pas de son ressort.

« Je suis un homme de prières, dit-il. Et je vais prier pour que ça n’arrive pas ».

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