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Oxfam somme les gouvernements d’agir contre les paradis fiscaux

Oxfam dévoile une étude qui évalue les impacts de l'utilisation des paradis fiscaux, par les entreprises, à travers le monde. L'organisation non gouvernementale (ONG) soutient que le recours à ce système perpétue les inégalités d'un bout à l'autre de la planète, mais également au sein même des États.

Dans son rapport, Oxfam cite des cas récents qui ont fait le tour du monde et permis de démontrer l’ampleur du phénomène.

Parmi les cas évoqués par l’ONG, on retrouve le cabinet d’avocats Mossack Fonseca, une entreprise qui se retrouve au cœur du scandale des « Panama Papers ».

La fuite dont a été victime le cabinet a permis de révéler au grand jour des données confidentielles sur des particuliers, des chefs d’États, des vedettes et des entreprises utilisant des sociétés offshore pour éviter de payer de l’impôt.

Oxfam estime que l’évasion fiscale des multinationales a des impacts sur les économies du monde entier, mais que les conséquences sont particulièrement lourdes pour les pays en voie de développement.

Selon l’organisation, le recours aux paradis fiscaux coûte au moins 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres, une somme qui permettrait à plus de 120 millions d’enfants non scolarisés d’avoir accès à un système d’éducation.

Pour Esmé Berkhout, responsable de plaidoyer en justice fiscale pour Oxfam, il incombe aux gouvernements de faire de la lutte aux paradis fiscaux une de leurs priorités pour réduire les inégalités sociales.

« Les paradis fiscaux aident les grandes entreprises à soustraire aux États des milliards de dollars par an », rappelle-t-elle.

[Les paradis fiscaux] soutiennent un système économique dangereusement inégalitaire, qui n’offre guère de perspective d’une vie meilleure à des millions de personnes.

Esmé Berkhout, responsable de plaidoyer en justice fiscale pour Oxfam

Oxfam soutient par ailleurs que le recours aux paradis fiscaux engendre un autre type de tendance qui contribue à creuser les inégalités entre les riches et les pauvres : l’allègement fiscal destiné aux entreprises.

Selon l’organisation, au nom de la compétitivité, les gouvernements multiplient les occasions d’offrir des incitatifs aux multinationales au détriment des intérêts de leur population. L'ONG va jusqu'à parler d'un « nivellement par le bas de l'impôt [perçu] sur les sociétés ».L’ONG explique, dans son rapport, que le taux moyen d’imposition des entreprises, dans les pays du G20, a diminué de 10 % au cours des 25 dernières années, passant de 40 à 30 %.

Or, en réduisant l’impôt des entreprises, les gouvernements peinent à percevoir les montants nécessaires pour assurer le fonctionnement de l’État.

L'entreprise avant le contribuable

Quand ils ne savent plus où chercher de l’argent pour équilibrer leur budget, les gouvernements sont contraints de réduire les dépenses publiques ou encore d’augmenter les impôts... des particuliers.

Si cette tendance est observable un peu partout sur la planète, elle demeure particulièrement néfaste pour les pays en développement.

Oxfam cite le cas du Kenya, où les avantages fiscaux accordés aux entreprises priveraient le pays d’environ 1,1 milliard de dollars par année. Cette somme représenterait près du double du budget national de santé du pays.

Pour contrer le phénomène de l’évasion fiscale, l’organisation recommande notamment de mettre fin aux avantages fiscaux accordés à certaines entreprises, de fixer de taux d’imposition réalistes et profitables à l’ensemble de la société.

Oxfam évoque aussi la nécessité de renforcer la coopération internationale en matière de reddition de comptes des multinationales, notamment en ce qui a trait à leurs déclarations de revenus.

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