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Panama Papers : le président de la FIFA plaide l'innocence

Le président de la FIFA Gianni Infantino a affirmé n'avoir commis aucune faute, mardi, après les révélations des Panama Papers sur la signature de contrats douteux par l'UEFA lorsqu'il en dirigeait le département juridique avec une société extraterritoriale pour des droits télévisés.

« Rien n'indique qu'un méfait a été commis par l'UEFA ou par moi-même, a assuré le nouveau président de la FIFA dans un communiqué. Je suis consterné et n'accepterai pas que mon intégrité soit mise en doute par certains médias. »

Le journal allemand Süddeutsche Zeitung, qui a obtenu les Panama Papers avant d'entamer un vaste travail d'investigation avec une centaine de journalistes, affirme que M. Infantino a signé en 2006 et 2007 des contrats portant notamment sur des droits télévisés sur trois saisons de Ligue de champions avec des hommes d'affaires, aujourd'hui poursuivis par la justice américaine dans le scandale de corruption qui secoue la FIFA.

La société Cross Trading, basée à Niue, une île du Pacifique Sud, a ainsi acquis en 2006 les droits télévisés pour les saisons de 2006 à 2009 auprès de l'UEFA pour 111 000 $, explique le journal. En 2007, elle a également décroché les droits de la Coupe de l'UEFA et de la Supercoupe d'Europe.

Or, les propriétaires de cette société sont les Argentins Hugo et Mariano Jinkis, inculpés aux États-Unis pour avoir versé des pots-de-vin en échange de droits de diffusion des compétitions de la FIFA en Amérique du Sud.

Cross Trading a ensuite revendu ces droits sur la Ligue des champions pour plus de 311 000 $.

« Comme je l'ai déjà dit précédemment, je n'ai jamais fait affaire personnellement avec Cross Trading ni avec ses propriétaires étant donné que le processus d'appel d'offres a été mené par le département de marketing au nom de l'UEFA », a également précisé le patron du football mondial.

Il assure ensuite que tous les contrats commerciaux de l'UEFA ont été examinés et que l'organisation a répondu à « toutes les questions des médias concernant les contrats incriminés ».

Le journal allemand s'interroge ainsi sur les raisons qui ont poussé l'UEFA à vendre des droits pour des prix largement inférieurs à ceux du marché.

Gianni Infantino était alors directeur des affaires juridiques de l'UEFA, un poste qu'il a occupé avant de devenir secrétaire général de l'organisation, puis le bras droit du président d'alors, Michel Platini.

Contactée par le Süddeutsche Zeitung, l'UEFA a indiqué : « Nous ne savions pas qui étaient à l'époque les véritables propriétaires de Cross Trading. »

Les révélations des Panama Papers ont levé le voile sur un vaste système d'évasion fiscale à l'échelle planétaire. Elles ont entraîné mardi la chute du premier ministre islandais.

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