Nos journalistes à bord des caravanes nous parlent des activités prévues par les différents chefs de parti en ce 51e jour de campagne électorale.

Dartmouth - Charlottetown - Moncton. Trois villes, trois provinces, toutes en Atlantique : la campagne de séduction des provinces maritimes bat son plein aujourd'hui pour le chef néo-démocrate.

En Nouvelle-Écosse, où il commence la journée, Thomas Mulcair abordera la question des vétérans, accompagné du porte-parole de l'opposition pour le délicat dossier des anciens combattants, Peter Stoffer. C'est lui qui a dénoncé la fermeture des bureaux qui leur venaient en aide. Il est candidat dans la nouvelle circonscription de Sackville-Preston-Chezzetcook. C'est donc l'occasion idéale pour une annonce en la matière.

À l'Île-du-Prince-Édouard, le NPD part de zéro. Mais la circonscription de Charlottetown est dans sa ligne de mire. La cote des conservateurs y est à la baisse. Encore la semaine dernière, le parti de Stephen Harper a essuyé ici des critiques pour la fin de la distribution du courrier à domicile. Les néo-démocrates se permettent de rêver, même si la tradition est libérale.

Thomas Mulcair espère certainement aussi une meilleure journée qu'hier : aucun chef n'aime être rattrapé par son passé, encore moins quand il éclipse presque complètement une conférence de presse. Le chef du NPD n'avait clairement pas envie de reparler de son emploi du mot « newfie » à l'Assemblée nationale, ou de revenir sur la saga du mont Orford. Mais il reste maintenant moins d'un mois à la campagne. Les anciens ennemis semblent refaire surface. Les vieilles histoires aussi.

La visite en Atlantique a été rapide, mais elle est importante. Justin Trudeau peut maintenant se targuer d'avoir visité chacune des provinces de cette région durant cette campagne.

L'entourage du chef libéral fonde de grands espoirs sur les provinces atlantiques. On envisage une vague rouge ici. Exception faite d'une poignée de sièges, à moins d'un revirement spectaculaire, la fortune des libéraux sera bonne dans l'est du pays.

Une grande région, mais bien peu de sièges. La victoire, qu'elle soit majoritaire ou minoritaire, se jouera ailleurs. C'est pour cela que la tournée libérale n'a même pas passé la nuit en Atlantique, préférant aller coucher à Toronto pour un évènement tôt ce matin.

Aujourd'hui, le chef libéral retourne dans la circonscription de Trinity-Spadina, sa sixième visite depuis le début de cette élection. Le libéral Adam Vaughan et la néo-démocrate Olivia Chow se livrent une chaude lutte.

Toronto et sa grande région, où les sondages sont favorables aux libéraux et où des gains sont réalistes. Toronto, l'Ontario surtout, est lourdement courtisée par tous les partis, qui y voient la clé pour former le gouvernement.

Ils étaient une vingtaine à attendre le premier ministre sortant, Stephen Harper, à Windsor devant une usine : des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes - des survivants ou des victimes des bouleversements de l'industrie de l'automobile au Canada.

« Il a du culot de venir ici nous parler d'innovation », a dit l'un d'eux. « Où était-il, il y a six ans quand j'ai perdu mon emploi? Aujourd'hui, il me demande mon vote? », ajoute un autre.

Ils ont connu le Windsor des années 80 et 90, capitale canadienne de l'auto. C'était avant que des milliers d'emplois soient transférés vers le Mexique.

Aujourd'hui, Windsor c'est la capitale nationale du chômage, un peu comme sa voisine américaine Détroit, mais sans les airs de ville fantôme.

Stephen Harper est venu annoncer la création d'un fonds de 100 millions de dollars pour l'innovation de nouvelles techniques de fabrication industrielle et ainsi encourager le secteur manufacturier.

Mais cela n'emballe pas les plus vieux. Il sera trop tard pour eux. Ce qui les préoccupe encore plus, c'est la place que le Canada est en train de se négocier dans le traité économique Transpacifique. Des concessions sur le volume de production de pièces automobile, il y en aura, a prévenu Stephen Harper. C'est le prix à payer pour avoir accès à la chaîne de production mondiale.

En point de presse, quand les journalistes lui ont demandé d'être plus précis sur ce que cela veut dire pour les travailleurs canadiens du secteur automobile, Stephen Harper a évité de répondre. Mais il a tenu à rappeler que sans l'intervention historique de son gouvernement en pleine récession, il y a quelques années, il ne resterait plus grand-chose du secteur automobile canadien.

Aujourd'hui, le chef conservateur commence la journée aux quartiers généraux de la compagnie Home Hardware à St. Jacobs en Ontario. Avec une telle mise en scène, sera-t-il question de crédits d'impôt pour la rénovation? D'accès à la propriété pour les jeunes familles? Ou d'emplois? Je mise sur les trois. Stephen Harper est de bonne humeur et il est en forme.

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