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Paris et Londres fortifient les mesures contre les passeurs de migrants

La France et la Grande-Bretagne annoncent de nouvelles mesures pour empêcher que des migrants sans papiers entrent sur le site du tunnel sous la Manche et pour accentuer la lutte contre les réseaux de passeurs.

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et la secrétaire britannique au Home Office, Theresa May, ont signé un accord qui prévoit la mise en place d'un centre conjoint de commandement et de contrôle à Calais.

Ce nouveau centre « trouvera et démantèlera les membres du crime organisé qui tentent de faire passer en contrebande des migrants vers le nord de la France et à travers la Manche », a précisé le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Le plan comprend aussi un accroissement des effectifs de policiers français déployés autour de l'entrée française du tunnel sous la Manche et l'installation, au moyen d'un financement britannique, de clôtures, de caméras de surveillance et d'autres équipements de sécurité autour du site.

D'après le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), quelque 3000 réfugiés et migrants vivent actuellement « dans des conditions déplorables » à Calais et dans le Pas-de-Calais.

Eurotunnel, l'opérateur de l'ouvrage souterrain, recevra aussi un « soutien » non spécifié afin de déployer des agents de sécurité sur le site.

Le ministère français de l'Intérieur affirme que ce nouvel accord franco-britannique renforcera d'une part « l'engagement commun pour la sécurité du site, la lutte conjointe et résolue contre les filières criminelles de passeurs, les trafics d'êtres humains et l'immigration clandestine » et, d'autre part, « le dispositif humanitaire développé sur place avec les associations et les élus locaux, en particulier pour la protection des personnes les plus vulnérables ».

Paris et Londres ont assuré au cours de l'été qu'ils faisaient du règlement de la crise des migrants « leur priorité absolue » après une série de tentatives d'intrusions massives par le tunnel sous la Manche.

Un plan axé sur la sécurité locale, qui comprend des visées humanitaires globales 

Dans le cadre de cet accord franco-britannique, Londres consacrera dix millions d'euros sur deux ans aux migrants à Calais. Le plan prévoit l'intensification de l'observation des réfugiés pour identifier les plus vulnérables d'entre eux, pour les informer et les mettre à l'abri de ceux qui voudraient les exploiter. La mise en place de programmes d'information et d'aide de retour vise également à favoriser le retour volontaire vers les pays d'origine.

Afin de réduire le nombre de passagers en situation irrégulière passant par le tunnel sous la Manche, une nouvelle salle de contrôle sera créée et des équipes supplémentaires de fouilles du fret opéreront en tout temps.

À l'échelle internationale, les deux pays souhaitent intensifier le dialogue avec les pays d'origine. Une conférence de suivi à Paris a été convenue avec les autre États membres de l'Union européenne, en particulier la Grèce et l'Italie, afin d'offrir un soutien spécifique à des zones critiques de centres de tri entre réfugiés et migrants économiques irréguliers.

Sitôt signé, sitôt critiqué

Une manifestation a vite été organisée dans « la nouvelle jungle », le camp de fortune des migrants de Calais, comme en a été témoin notre correspondant à l'étranger Jean-François Bélanger.

Les réfugiés et sans-papiers ont tenté de bloquer l'autoroute en guise de protestation, mais ont été réprimés aussitôt par les policiers antiémeutes, qui les ont dispersés avec des gaz lacrymogènes.

Certains organismes humanitaires oeuvrant sur le site de l'Eurotunnel ont aussi dénoncé ces mesures de renforcement de la sécurité :

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