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Parler de sa dépendance aux opioïdes pour prévenir

Daniel Goulet est devenu dépendant aux opioïdes malgré lui. S'il partage son histoire, c'est pour aider ceux qui pourraient sombrer comme lui.

Il y a deux ans, Daniel Goulet a fait une chute alors qu'il mettait des ballons sur un arbre pour l'anniversaire d'un enfant.

Je me suis cassé le dos. Je suis tombé d’une hauteur de 10 mètres.

Daniel Goulet

Il est hospitalisé pendant une semaine, mais doit retourner à l’hôpital à cause d’une infection dans le dos. Il y séjourne deux mois. C’est là qu’il reçoit de grandes doses de morphine intramusculaire et intraveineuse pour calmer sa douleur. « L’hôpital m’a sauvé la vie », dit-il. À sa sortie, on lui prescrit des opioïdes en quantité réduite et ses douleurs reprennent.

« C’est constant, partout dans le corps, les nerfs, les muscles », dit Daniel Goulet. « C’est insupportable! »

Il se procure alors un dérivé de la morphine sur le marché noir, à Montréal, pour combler son manque. « J’achetais de la dilo, je l’écrasais, je la diluais avec de l’eau et je me l’injectais », explique Daniel Goulet.

Sa blessure dans le dos guérit, mais il se retrouve avec un sérieux problème de toxicomanie. Rien à voir avec ce qu’il a connu dans le passé, dit-il.

Tu fumes un joint, tu sniffes de la coke, le lendemain t'es fonctionnel. Tu peux aller travailler, tu es correct. Mais pas avec les opioïdes.

Daniel Goulet

Il a pensé maintes fois au suicide, tellement la douleur était forte. Le sevrage aux opioïdes est difficile.

Des médecins pas toujours informés

À la Clinique de la douleur du Centre universitaire de l’Université de Montréal, la Dre Aline Boulanger avance que les médecins ont très peu d’informations au niveau de la douleur et qu’ils ne savent pas toujours ce qu’ils prescrivent.

Quand il s’agit d’une médication à action rapide, le patient est un peu livré à lui-même; il va devoir faire son sevrage.

Aline Boulanger, médecin à la Clinique de la douleur du Centre universitaire de l’Université de Montréal

Le Canada est le deuxième pays au monde en matière de consommation d'opioïdes sur ordonnance par habitant. L'intoxication aux opioïdes a augmenté de plus de 30 % en sept ans. La situation est telle que la ministre de la Santé, Jane Philpot, parle d’une crise nationale de santé publique.

Depuis quelques mois, Daniel est suivi par la Dre Marie-Ève Morin de la clinique Caméléon, à Montréal. Elle lui prescrit de la méthadone comme substitut aux opioïdes. La souffrance diminue graduellement.

Au Canada, il y aurait un décès toutes les 14 heures lié à la consommation d’opioïdes.

Dre Marie-Ève Morin, de la clinique Caméléon

À 51 ans, Daniel Goulet se considère comme un survivant. Aujourd’hui, il ne peut pas faire trop d’activité physique, il survit grâce à l’aide sociale et dessine pour passer le temps.

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