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Partenariat transpacifique : Harper promet une aide additionnelle pour le secteur automobile

Le Partenariat transpacifique (PTP) et ses impacts au Canada étaient encore une fois au cœur de la campagne du chef du Parti conservateur, mardi.

De passage dans une usine de fabrication de systèmes antipollution pour des moteurs à Whitby, en Ontario, Stephen Harper a annoncé l'octroi, s'il est réélu à la tête du gouvernement, d'un financement additionnel d'un peu plus de 1 milliard de dollars sur 10 ans pour le Fonds d'innovation pour le secteur automobile, mis en place à la suite de la conclusion d'un autre accord de libre-échange, celui-là avec la Corée du Sud.

L'investissement supplémentaire de quelque 100 millions de dollars par année serait en vigueur à compter de 2017-2018, soit à l'échéance du Fonds actuel.

Les conservateurs promettent aussi des subventions non remboursables, par l'intermédiaire de ce Fonds, pour investir dans de nouvelles usines de montage et dans les installations existantes. Le parti promet d'élargir les critères de dépenses admissibles au programme pour les entreprises du secteur automobile, en incluant l'infrastructure, le terrain et les coûts de l'édifice.

Le Partenariat transpacifique annoncé lundi prévoit une baisse des exigences de contenu nord-américain pour l'assemblage et les pièces automobiles. Ainsi, pour respecter les règles d'origine et bénéficier de l'exemption des tarifs douaniers, 45 % de la valeur d'un véhicule automobile et de certaines pièces devra provenir de la région du PTP. Cela remplacera le seuil actuel de 62,5 % établi en vertu de l'Accord de libre-échange nord-américain, qui réunit les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Cet élément suscite des craintes dans le secteur de l'automobile. Le syndicat Unifor estime notamment que les nouvelles règles pourraient coûter 20 000 emplois au Canada.

Une situation différente de l'agriculture

Des journalistes ont souligné qu'une aide de 4,3 milliards de dollars sur 15 ans a été annoncée dès lundi pour les agriculteurs touchés par la brèche dans la gestion de l'offre, alors que l'industrie automobile fait l'objet d'une annonce électorale. Stephen Harper a répondu que la situation était différente pour une industrie exportatrice comme l'automobile.

« Pour garder des mandats continental et mondial, c'est nécessaire d'avoir un tel accès au marché, a expliqué le chef conservateur. Nous investissons dans ce secteur pour attirer ces mandats. »

« Nous devons mettre quelque chose sur la table pour attirer ces investissements, mais nous ne voulons pas être dans une position où les contribuables se retrouvent du mauvais côté de l'équation.

« Nous voulons que ces investissements rapportent des bénéfices nets significatifs pour l'économie canadienne. Nous ne voulons pas que ce ne soit que les contribuables qui l'assument. Certaines autorités ont emprunté cette voie et elles pourraient le regretter plus tard », a estimé Stephen Harper.

Le chef conservateur a argué qu'il serait « dévastateur » pour le secteur automobile d'être tenu à l'écart de ce marché transpacifique. « Les changements que je viens d'annoncer aujourd'hui sont des choses demandées par le secteur de l'automobile lui-même », a-t-il soutenu.

Alors que la première ministre ontarienne Kathleen Wynne appuie les libéraux dans le cadre de la présente campagne, M. Harper a jugé que le gouvernement fédéral avait su, dans le passé, collaborer avec l'Ontario, où se trouve l'essentiel de l'industrie automobile.

« Mais cela ne changera pas le désaccord fondamental des présentes élections. Nos adversaires libéraux, non seulement à Queen's Park, mais aussi fédéraux, croient que vous pouvez protéger l'économie par une politique de déficits permanents et de hausses fiscales pour les travailleurs.

« Nous croyons que la manière de faire croître l'économie, de la protéger et de la faire avancer est d'avoir un budget équilibré, des dépenses que vous pouvez vous permettre et des bénéfices qui vont directement aux gens, et de s'assurer de garder les taxes et impôts bas », a conclu le chef conservateur.

Le nombre d'emplois dans l'industrie automobile est passé de près de 165 000 à un peu plus de 121 000 au Canada, de 2005 à 2014, selon Statistique Canada.

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Ils ont dit au sujet du PTP

Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique :

« M. Harper se vante d'avoir signé plus de 50 ententes, il pense que cette entente-là s'inscrit dans le droit fil des autres, que c'est bon pour l'économie et pour l'échange. La preuve que c'est faux, c'est qu'on a le pire déficit commercial de l'histoire du Canada cette année.

« Le NPD est résolument en faveur de plus d'échanges avec nos partenaires, mais le public a le droit d'avoir un gouvernement qui va se tenir debout pour le Canada lors de ces négociations-là.

« Nous pensons que cet accord est mauvais. Il s'agit d'une brèche importante dans notre système de gestion de l'offre, c'est le cheval de Troie qu'ils tentent d'amener dans la gestion de l'offre. [L'industrie laitière] s'est fait dire qu'il y aurait compensation, je leur suggère d'aller parler aux pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador pour savoir ce qui est arrivé quand Stephen Harper leur a promis des centaines de millions de dollars en compensation.

« Je ne fais pas confiance à Stephen Harper et quiconque a déjà eu affaire à lui pense la même chose. »

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada :

« Dans tout accord, on se doit d'équilibrer les avantages et les inconvénients [...] Nous avons toujours compris au Parti libéral à quel point le commerce international est essentiel et nous allons continuer à prendre cette position-là, mais il faut laisser la chance aux Canadiens de s'exprimer là-dessus aussi.

« On sait que les emplois dans les industries à fort taux d'exportation paient en moyenne 50 % de plus en salaire aux Canadiens de la classe moyenne que des compagnies qui exportent peu.

« On va regarder les détails de cet accord, pour l'instant, on n'a pas les détails au complet. On va regarder ce que le gouvernement propose dans les semaines et les mois à venir. »

Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois :

« On va être très vigilants sur les compensations, mais on ne pourra pas savoir ça avant d'avoir plus de détails, avant d'avoir les textes, avant d'avoir la loi de mise en œuvre.

« M. Mulcair veut déchirer quelque chose qui n'est pas encore écrit. Bonne chance!

« Il y a eu des compensations de prévues, de promises pour l'accord avec l'Union européenne pour les producteurs de fromage. Nous, on évalue que c'est 300 millions qui devraient être reçus. Il n'y a rien de fait, ça fait un an et demi que l'accord est signé.

« Pourtant, quand il y a eu cet accord avec la Corée du Sud, avant même qu'il soit signé, le fédéral a accordé 500 millions en compensations pour l'automobile. Donc, c'est deux poids, deux mesures, très clairement. »

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