ANALYSE - Si vous suivez Pierre Karl Péladeau sur les réseaux sociaux, vous avez constaté qu'il y est très actif depuis quelques semaines. Certains diraient hyperactif. Du premier ministre Philippe Couillard à son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en passant par la taxation de Netflix, il commente, critique, donne son opinion.

Un texte de Sébastien Bovet, chef du Bureau parlementaire à Québec

De là à penser qu’il veut revenir en politique, il n’y a qu’un pas, que certains franchissent. Mardi, l’ex-chef du Parti québécois n’a rien fait pour étouffer la rumeur.

La scène se passe à l’émission Médium large. Pierre Karl Péladeau se prête au jeu des questions-réponses. Le prétexte : parler d’Éléphant, la plateforme numérique de Québecor qui se veut la mémoire du cinéma québécois.

Oui, il y a un éléphant dans la pièce, mais ce n’est pas une plateforme numérique. C’est l’ambition alléguée de M. Péladeau de revenir en politique. Catherine Perrin mène l’entrevue habilement. Et PKP se livre en disant ceci :

  • « Je suis en réserve, entre guillemets, de la République. »
  • « Nous avons un chef au PQ, c’est Jean-François Lisée, moi, j’ai toujours été attentif à la collégialité. »
  • « Je suis encore membre du PQ. »
  • « J’ai quitté la politique, ce n’était pas mon souhait. »
  • « Ma fille m’a dit : il faut que tu te présentes, il faut que tu y ailles. »
  • « Les choses évoluent, nous verrons bien. »
  • « La vie politique est conciliable avec la famille, moi je pense que oui. »

Ce que M. Péladeau n’a pas dit est aussi important que ce qu’il a dit. Il n’a pas dit qu’il ne voulait pas revenir en politique. Bref, il laisse la porte ouverte.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a senti le besoin de réagir en fin de journée. Il a dit :

  • qu’il y a des échanges avec M. Péladeau;
  • qu’il souhaitait un retour de l’ancien chef;
  • que la porte du PQ était ouverte;
  • que pour l’instant, il comprenait que c’est non pour un éventuel retour.

Jean-François Lisée n’avait pas le choix de réagir de cette façon. Fermer la porte brutalement serait perçu comme un geste d’intransigeance contre-productif au moment où il veut rassembler les souverainistes en vue des élections.

Il ne peut pas se permettre, dans le contexte actuel, de se mettre du monde à dos. Ce serait aussi interprété comme un geste de faiblesse, laissant entendre qu’il craint le retour de son prédécesseur.

Que faut-il comprendre?

On comprend que Pierre Karl Péladeau a des fourmis dans les jambes. Que la politique lui manque. Que son rêve a été brisé par un contexte familial difficile. Mais que ce contexte familial a évolué. Et que la politique reste une option.

Quand? Dieu seul le sait, comme il le dit si bien. Mais de toute évidence, M. Péladeau teste la température de l’eau. Peut-être veut-il susciter une réaction.

Les commentaires des députés et des militants seront révélateurs. S’ils tapent du pied pour un retour, l’ancien chef pourrait entendre, à nouveau, l’appel.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces