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Partielle dans Chicoutimi : une victoire, c'est une victoire

Une victoire dans une élection partielle, dans un château fort du parti, est rarement une occasion de réjouissances. Mais, pour le Parti québécois, la victoire dans Chicoutimi s'avère quand même une bonne nouvelle dont il avait grand besoin.

Michel C. Auger

Une analyse de Michel C. Auger
animateur de Midi Info

 

La candidate Mireille Jean a réussi le tour de force de multiplier par deux la majorité de Stéphane Bédard qui, en 2014, n'avait eu que 1600 voix de majorité à sa sixième élection dans cette circonscription. Avec près de 47 % des voix, elle fait mieux que M. Bédard dans cinq de ses six campagnes, ce qui n'est pas rien.

Le Parti libéral se maintient

La faible majorité de Stéphane Bédard en 2014 avait permis aux libéraux de penser qu'ils pourraient remporter Chicoutimi lors de cette partielle, ce qui aurait été un coup fumant pour le parti de Philippe Couillard. Mais le vent qui aurait pu être favorable aux libéraux a commencé à tourner avec l'arrestation de l'ex-ministre Nathalie Normandeau à mi-campagne.

Malgré tout, les libéraux n'ont pas à rougir de leur performance : ils font le même score qu'aux dernières élections générales, soit environ 30 % des voix. Ils ont réussi à faire « sortir leur vote », sans toutefois le faire progresser, ce qui n'est pas si mauvais avec l'affaire Hamad qui a dominé l'actualité de la semaine précédant l'élection.

La CAQ en baisse

Mais c'est la Coalition avenir Québec de François Legault qui écope. Sa part des voix passe de 17 % à 11 %, ce qui est significatif. Surtout quand on sait que la CAQ a déjà terminé au second rang dans Chicoutimi, avec un honorable 25 % des voix pas plus tard qu'en 2012. Le fait que la candidate caquiste a dû révéler une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies n'a pas dû aider aux résultats de lundi dernier.

Depuis quelques semaines, beaucoup d'observateurs prédisaient une montée des intentions de vote de la CAQ, avec l'insatisfaction envers le gouvernement Couillard qui se maintient à des niveaux élevés. Malgré tous ses efforts, le parti de François Legault n'a même pas été en mesure de « brouiller les cartes », comme il s'en était donné le mandat.

Cela veut dire que les succès d'estime à la période des questions ne donnent pas nécessairement de résultats immédiats auprès des électeurs. Et que le recentrage nationaliste, mais fédéraliste, de la CAQ n'est pas automatiquement ce que cherchent les électeurs francophones.

Une valeur psychologique

De toute façon, les sondages ne valent pas une véritable élection, avec de vrais électeurs qui se déplacent dans un vrai bureau de scrutin, tous les organisateurs politiques vous le diront.

La victoire du PQ dans son château fort a une valeur surtout psychologique. Le PQ a vécu des mois difficiles depuis l'élection de Pierre Karl Péladeau comme chef. Celui-ci a pris du temps avant d'être vraiment à l'aise dans son rôle de chef de l'opposition officielle. Les sondages, sans être mauvais, n'étaient pas vraiment bons, surtout quand on connaît l'impopularité du gouvernement Couillard.

Chicoutimi a beau être un château-fort péquiste, une victoire, c'est une victoire. Et elle fera du bien au PQ, surtout quand elle est aussi nette que celle de la candidate Mireille Jean. Et elle donnera sans doute un certain élan au PQ pour le reste de la session parlementaire.

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