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Pas de calèches pendant un an dans les rues du Vieux-Montréal

Le maire de Montréal impose un moratoire d'un an sur la circulation des calèches dans les rues du Vieux-Montréal. Il en a fait l'annonce à son comité exécutif ce matin, précisant vouloir réévaluer le dossier.

Le maire souhaite attendre l'adoption d'une nouvelle réglementation, au printemps 2017, avant de permettre aux calèches de réintégrer les rues du Vieux-Montréal. La fonction de cocher sera officialisée, un centre d'interprétation et des écuries seront créés pour assurer le bien-être des chevaux.

Les 24 calèches pour lesquelles des permis ont été délivrés ne pourront donc plus circuler dans les rues de Montréal à compter de mardi prochain le 24 mai.

« Il faut protéger les chevaux et s'assurer que ça se fasse comme il se doit », a déclaré le maire Coderre devant son comité exécutif.

« Pour l'instant, c'est une très bonne nouvelle », avance le porte-parole de Projet Montréal en gestion animalière, Sterling Downie. Ce dernier se réjouit de la décision du maire Coderre, mais la formation politique attend avant de crier victoire.

« On attend de voir, on espère que ce n'est pas juste une tactique pour acheter du temps pour cette industrie-là, poursuit-il. On va attendre d'autres actions du maire. »

La Société pour la protection des animaux (SPA) abonde en ce sens. « La pratique des calèches touristiques dans les centres-villes est archaïque, cruelle, et n'a pas sa place en 2016, a déclaré le porte-parole de la SPA Gabriel Villeneuve. « Il est temps que cette industrie fasse partie de notre histoire, et non de notre futur. »

Le foin et l'argent du foin

De leur côté, les propriétaires de calèches se retrouvent en difficulté puisque la Ville remboursera le coût des 24 permis attribués pour l'été 2016, mais elle ne dédommagera pas les propriétaires de chevaux et de calèches pour les pertes encourues.

« Il vient de me faire faire faillite à moi et il vient de mettre à la rue une trentaine de personnes », avance le propriétaire de chevaux Luc Desparois en précisant que c'est sans compter les employés des autres propriétaires de calèches. « Je ne suis pas le seul propriétaire de calèche à Montréal », poursuit-il.

« Et mes chevaux? Je fais quoi avec? Le foin? L'argent, je le prends où pour nourrir mes chevaux? », s'interroge M. Desparois.

Le débat est loin d'être terminé. Le moratoire ne constitue qu'un temps d'arrêt puisque le maire de Montréal espère revoir des calèches dans les rues de Montréal alors que Projet Montréal et la SPA souhaitent tout simplement l'élimination de cette pratique.

Allégations de mauvais traitements

Le maire Coderre avait commandé un rapport à un organisme spécialisé l'été dernier afin qu'il lui fasse des recommandations pour améliorer les conditions de vie des chevaux et pour nourrir sa réflexion sur l'avenir des calèches à Montréal. Le maire avait ainsi agi dans la foulée d'allégations de maltraitance généralisée envers les chevaux de la part de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).

La branche montréalaise de la SPCA avait lancé, l'an dernier, une campagne dans le but de faire interdire l'exploitation des chevaux par l'industrie des calèches dans le Vieux-Montréal en dénonçant les conditions de travail de ces animaux.

La SPCA déplorait que les chevaux travaillent souvent neuf heures par jour, sept jours par semaine, parfois par des chaleurs accablantes pour finalement rentrer dans des stalles où ils ne peuvent pratiquement pas bouger. L'organisme ajoutait que les chevaux travaillaient dans un environnement stressant et bruyant où les risques de collision avec des véhicules mettent leur vie en danger.

La signature montréalaise

Le maire de Montréal avait toutefois tempéré les allégations de la SPCA en indiquant que plusieurs changements avaient été apportés à l'industrie depuis 2012. Promettant de nouvelles améliorations pour l'automne dernier, le maire Coderre indiquait que son administration « avait les choses bien en main ».

Bien que le maire Coderre ne cachait pas son préjugé favorable envers les calèches, qu'il estimait faire partie de « la signature de Montréal », il n'entendait toutefois pas les maintenir à tout prix, plaçant la santé des animaux au-dessus des impératifs commerciaux et touristiques.

La présidente de l'Association de protection du patrimoine équin en milieu urbain, Josée Lapointe, affirmait en juillet 2015 que la santé des chevaux de calèche était déjà bien surveillée à Montréal. Une situation que confirmait l'arrondissement de Ville-Marie, qui inclut le Vieux-Montréal, où circulent la grande majorité des calèches.

Au cours des dernières années, l'arrondissement avait resserré l'encadrement de ces activités et constaté une « nette amélioration » depuis 2013.

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