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Pas de cannabis avant 21 ans, disent à leur tour les urgentologues

L'Association des spécialistes en médecine d'urgence (ASMUQ) joint sa voix à celle des psychiatres pour réclamer que Québec encadre sérieusement la loi fédérale qui légalisera la consommation de cannabis, notamment en fixant l'âge minimal pour s'en procurer ou en consommer à 21 ans.

Les spécialistes québécois de la médecine d’urgence expliquent que chaque jour des personnes sont amenées aux urgences pour des psychoses induites par le cannabis.

« Nous sommes sur la ligne de front, et ce que l’on voit, c’est de plus en plus de jeunes avec des problèmes de santé mentale alors que la consommation de cannabis est illégale », affirme la présidente de l’ASMUQ, Élyse Berger Pelletier en entrevue à RDI.

Or, soutient-elle, la légalisation entraînera nécessairement une hausse de la consommation. « C’est pour ça qu’on se joint à nos collègues psychiatres pour que l’âge minimum pour en consommer soit fixé à 21 ans. »

Les urgentologues appréhendent une augmentation de la prévalence de psychose. « La consommation de cannabis chez les gens qui ont des facteurs de risque, qui ont déjà une santé mentale fragile, augmente leur risque » de faire une psychose, souligne Mme Berger.

Les urgentologues appréhendent également l’exacerbation de l'asthme ou de l'hyperémèse, une forme sévère de nausée et de vomissement.

« Les vomissements sévères dus à la consommation de THC c’est une maladie qu’on voit de plus en plus souvent, explique Mme Berger Pelletier. On voit ça principalement chez les jeunes hommes. On utilise des antinauséeux extrêmement puissants - qu’on utilise en oncologie chez les patients cancéreux - et ça ne fonctionne pas ».

« Le THC stimule le centre du vomissement dans le cerveau, poursuit-elle. C’est comme si un lien se créait dans le cerveau et ce système est activé pour une période indéterminée ».

« Malheureusement, même si les gens arrêtent de consommer, ils vont garder cette maladie-là pendant des années », déplore l'urgentologue.

Des épisodes de vomissements, d’une durée de 24 à 48 heures, réapparaissent ainsi des années après l’arrêt de la consommation.

Encadrer le taux de TCH

L’ASMQ prône également un encadrement du taux de tétrahydrocannabinol (THC) dans le cannabis qui sera légalisé avec une mention du dosage sur les emballages. « Présentement, l’un des problèmes c’est que les gens consomment du cannabis illégal et ils n’ont aucune idée de ce qu’ils consomment, avance Mme Berger Pelletier. « Parfois c’est extrêmement puissant comme drogue ».

L'ASMUQ espère que le gouvernement procédera à l'implantation d'outils de prévention et des programmes d'éducation aux risques de l'utilisation du cannabis. Elle souhaite aussi qu'un financement des ressources soit au rendez-vous pour traiter les maladies reliées à la consommation de cannabis. Enfin, l'association demande que la publicité sur le cannabis soit limitée.

Malgré les dangers que comporte sa consommation, l’ASMUQ estime que la légalisation est la voie à suivre.

« Il y a quand même des avantages à décriminaliser la possession et la consommation de cannabis, poursuit la présidente de l’ASMUQ. D’un point de vue sociétal, je crois que ça va de soi, on est rendu là. »

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