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Pas de péage sur le pont Champlain, réitère Trudeau

Justin Trudeau réitère qu'un gouvernement libéral qu'il dirigerait n'imposera pas de péage sur le pont Champlain, entre l'île de Montréal et la Rive-Sud. Il l'a répété jeudi matin, lors d'une conférence de presse tenue à Brossard, quelques heures avant une rencontre prévue avec le maire de Montréal.

« La situation est unique, a expliqué le chef du Parti libéral. Nous parlons de remplacer un pont et non d'ajouter une offre de service. »

M. Trudeau a dû expliquer comment les hésitations qu'il avait pu avoir au sujet d'un péage, au moment de l'annonce du projet de nouveau pont Champlain, s'étaient muées en une opposition ferme. Le chef libéral a soutenu que les conservateurs n'avaient pas donné assez de détails sur la manière de percevoir ce péage et ce qui arriverait aux autres ponts. « On commentait à titre de parti d'opposition un plan mal ficelé du gouvernement, mais aujourd'hui, en campagne électorale, on a la chance d'expliquer ce que va faire un gouvernement libéral », a dit le chef du PLC.

Justin Trudeau a critiqué le manque de consultation et de collaboration des conservateurs de Stephen Harper dans ce dossier, rappelant les coûts économiques de la congestion routière à Montréal et l'évaluation de l'impact d'un péage sur les autres ponts. « Tous les partenaires qu'ils auraient dû consulter sont contre l'idée d'un péage. [...] Voilà à quel point M. Harper démontre encore une fois qu'il est complètement déconnecté de la réalité et des gens », a lancé le chef libéral.

Dans une liste de demandes faites aux partis fédéraux dans le cadre de la campagne, le maire Denis Coderre a rappelé qu'il s'oppose à ce qu'un système de péage soit installé sur le pont, tel que le préconise le gouvernement conservateur de Stephen Harper depuis le début. Cette opposition avait aussi été exprimée par le premier ministre Philippe Couillard dans sa lettre énonçant les priorités du Québec dans le cadre des élections fédérales.

Le Nouveau Parti démocratique de Thomas Mulcair s'oppose aussi à un péage sur le pont Champlain.

Le lieutenant politique du chef conservateur au Québec, Denis Lebel, a annoncé en juin que la construction du nouveau pont qui traversera le fleuve Saint-Laurent coûtera 4,24 milliards de dollars.

Il avait alors annoncé que son gouvernement publierait un rapport démontrant que la décision d'opter pour un partenariat public-privé (PPP) dans ce dossier aura fait économiser le tiers des coûts par rapport au mode traditionnel.

Mercredi, le maire Denis Coderre a remis en doute le bien-fondé d'un PPP pour le pont Champlain.

Trudeau dit oui à des demandes du maire Coderre

Justin Trudeau a par ailleurs promis de répondre à certaines demandes du maire de Montréal, laissant entendre notamment qu'il appuierait un système léger sur rail sur le nouveau pont Champlain. Le chef libéral a expliqué que les 20 milliards qu'il a promis d'investir en 10 ans dans les transports collectifs le seraient en fonction des priorités des villes. « Nous reconnaissons à quel point le SLR est important », a précisé M. Trudeau.

Le chef libéral a aussi réitéré sa promesse de rétablir la livraison du courrier à domicile, précisant que cela se ferait « où c'est approprié et où un besoin clair est exprimé ». « Les gens s'attendent à un certain niveau de service de leur gouvernement », a-t-il résumé.

M. Trudeau promet aussi de reconnaître et respecter l'opinion de la Cour suprême quant à l'ouverture de centres d'injection supervisée pour aider les toxicomanes. Le maire Coderre s'est réjoui de cet appui, même s'il envisageait d'aller de l'avant malgré tout.

Le chef du Parti libéral s'est aussi engagé, s'il est élu à la tête du gouvernement, à travailler étroitement avec la Ville de Montréal pour le développement du Vieux-Port. « Ce qu'il nous faut, c'est un vrai partenariat, et c'est ce que j'offre », a-t-il dit. De son côté, le maire Coderre voulait s'assurer « qu'on peut tout mettre sur la table ». « On va travailler de façon très concrète, ce qui peut aboutir à une négociation », a-t-il ajouté.

Interpellé par des manifestants du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), M. Trudeau s'est engagé, s'il est élu à la tête d'un gouvernement libéral, à rétablir les subventions au logement social et à investir encore davantage dans le logement abordable, ce qui est prévu dans son plan en matière d'infrastructures.

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