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Pas de prospérité sans éducation des filles, selon un rapport de l'ONU

Le progrès dans les pays en développement ne s'accomplira que si le sort des petites filles y est amélioré de manière significative. Tel est le message contenu dans le rapport sur l'état de la population mondiale déposé jeudi, à Londres, par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

La violation des droits fondamentaux des petites filles dans le monde, et de manière encore plus critique dans les pays défavorisés, est un drame non seulement pour ces fillettes, mais pour les sociétés dans lesquelles elles grandissent, dit le rapport.

Car il ne peut y avoir de réelle prospérité sans éducation. Et, comme l'estime le fonds onusien, « les pays en développement, où vivent 90 % des filles de 10 ans, engrangeraient un "dividende" de 21 milliards de dollars par an » si ces fillettes achevaient toutes leurs études secondaires.

Plus de jeunes que jamais

Il y a actuellement dans le monde environ 125 millions d'enfants, dont 60 millions de filles, selon des chiffres cités dans l'État de la population mondiale. Jamais n'y a-t-il eu autant de jeunes dans l'histoire de l'humanité.

Mais tous ne sont pas égaux devant l'adversité. Les filles, rappellent les auteurs du rapport, font face « à une injustice impardonnable » lorsqu'on compare leur sort à celui des garçons.

Ainsi, elles courent plus de risques de voir leurs études et leur santé - physique et mentale - compromises et elles ont moins accès « au marché formel de l'emploi ».

De surcroît, leur enfance peut brutalement prendre fin pour cause de mariage précoce et de grossesse. « Chaque jour, on estime à 47 700 le nombre de filles qui sont mariées à l'âge de 17 ans ou moins dans les pays en développement », selon l'ONU.

En clair, l'obstacle le plus « pernicieux » auquel se heurtent les petites filles, « c'est peut-être l'inégalité entre les sexes », est-il dit dans le rapport.

Éduquées et en santé

Des filles en bonne santé et éduquées contribueront, au cours de leur vie :

  • à une croissance économique renforcée;
  • à une productivité agricole accrue;
  • à des taux de mortalité maternelle et infantile réduits;
  • à des familles plus petites et mieux éduquées;
  • à une prévalence plus faible du VIH et du paludisme;
  • à un nombre plus important de femmes aux postes de direction;
  • à une résilience accrue au changement climatique et aux crises.

Des préoccupations relatives à la santé mentale

Les auteurs du rapport dénoncent le fait que les filles soient « exposées au risque de violence pratiquement partout : chez elles, lorsqu'elles vont chercher de l'eau ou ramasser du bois, sur le chemin de l'école ou du marché, et même en classe ».

Dans pareil contexte d'insécurité, et devant un avenir qui peut leur apparaître bouché, certaines jeunes filles perdent pied. D'ailleurs, les préoccupations relatives à la santé mentale des enfants de sexe féminin sont grandissantes.

Tout se décide, ou presque, à l'aube de l'adolescence

Dans certains endroits du monde, les perspectives d'une fille de 10 ans sont limitées. Alors qu'elle entre dans la puberté, ses proches, les figures de sa communauté, les normes sociales et culturelles, les institutions et les lois discriminatoires se dressent en travers de son chemin », explique Babatunde Osotimehin, secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur exécutif du UNFPA.

L'ONU a adopté l'an dernier le Programme de développement durable à l'horizon 2030, qui vise à aider « des millions de filles âgées de dix ans qui sont généralement laissées pour compte ».

Une bicyclette pour aller en classe... et des lois plus équitables

Pour améliorer le sort des filles, le Fonds onusien cite l'idée de verser de l'argent aux familles s'engageant à scolariser leurs filles et de mettre, à la disposition de ces dernières, des bicyclettes pour se rendre à l'école.

Plus globalement, le Fonds souhaite des investissements en santé et en éducation.

Les auteurs du rapport préconisent aussi l'adoption et la mise en application des lois exhaustives interdisant toute pratique préjudiciable à l'égard des adolescentes.

Ces pratiques incluent notamment la mutilation génitale féminine et le mariage d'enfants. L'âge minimum pour se marier devrait être fixé à 18 ans, tranche le rapport onusien.

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