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Pas facile de se loger à bon prix à Whitehorse

La pauvreté et l'accès au logement n'ont pas occupé une très grande place dans la campagne électorale. Pourtant, c'est un sujet qui préoccupe de nombreux Canadiens, notamment à Whitehorse, au Yukon.

Un reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

Normand Casavant nous fait visiter à pied le centre-ville de Whitehorse, la capitale du Yukon. C'est l'une des dernières fois qu'il parcourra le coeur de cette ville d'un peu moins de 25 000 habitants. Sous peu, il va devoir rentrer au Québec.

Malgré son amour pour le Yukon, cet éleveur de chiens qui occupait aussi un autre emploi à Whitehorse n'a pas réussi à s'y installer comme il l'aurait voulu. « J'ai décidé de repartir au Québec tout simplement parce que ce n'est pas achetable », lance Normand Casavant.

Il n'y a pas que l'accès à la propriété. Louer un appartement est très dispendieux dans ce territoire septentrional. À Whitehorse, le taux d'inoccupation des logements est de 3,4 % et le loyer médian est de 950 $ par mois. Même s'il cherche depuis plus de cinq ans, Normand Casavant affirme ne pas avoir trouvé de logement.

Pour voir le graphique sur les loyers médians au Canada sur votre appareil mobile, cliquez ici.

« On s'est ramassé à Tagish [à environ 100 kilomètres de Whitehorse] », dit-il. « Quand tu travailles à Whitehorse, c'est une heure et quart ou une heure et demie de voyagement chaque jour. L'essence, c'était 800 $ par mois. C'est énormément d'argent. Puis, il y a le temps. »

Normand Casavant, éleveur de chiens au Yukon Photo : Raphaël Bouvier-Auclair

Difficile pour les sans-abri

Si des travailleurs ont parfois de la difficulté à se trouver de bons logements dans la région de Whitehorse, c'est encore pire pour ceux qui n'ont pas de salaire.

Sans-abri, Wendy Carlick vit dans la capitale yukonaise depuis plusieurs années. La nuit, elle dort à l'Armée du Salut, dont les locaux sont remplis au maximum. Un autre centre sera bientôt construit pour mieux répondre à la demande.

Être sans-abri est particulièrement difficile dans une ville au climat subarctique. « Vous voulez savoir ce que c'est de geler? Venez passer une nuit avec moi et vous verrez », lance Wendy Carlick.

Comme l'Armée du Salut, la banque alimentaire aussi est débordée. Elle répond aux besoins de 1300 personnes par mois et cela se voit. Ses étagères sont dégarnies.

« Les gens qui viennent ici nous disent que la plus grande partie de leur argent va pour le loyer. Il leur en reste très peu pour la nourriture », explique Tristan Newsome, un employé de la banque alimentaire qui, comme bien d'autres au Yukon, aimerait entendre parler davantage de logements abordables au cours de cette campagne électorale.

Pour voir le graphique sur les résultats du vote de 2011 sur votre appareil mobile, cliquez ici.

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