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Pas question de revoir l'épreuve uniforme de français, dit Blais

Il n'est pas question de revoir les exigences relatives à l'épreuve uniforme de français au collégial, assure le ministre québécois de l'Éducation, François Blais, répétant un engagement de son prédécesseur, Yves Bolduc.

Le ministre a opposé une fin de non-recevoir à la demande du président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, qui critique l'« application mur à mur » de l'examen de français écrit que doivent réussir tous les étudiants des cégeps afin d'obtenir leur diplôme.

« Sur le français au Québec, on ne peut pas faire de concession. Quand on regarde la performance des élèves au Québec en littératie, quand on compare avec le Canada et l'OCDE, aux grands examens internationaux, c'est là qu'on a une faiblesse », a dit M. Blais vendredi lors d'une mêlée de presse en marge du caucus libéral, à Saint-Georges.

« On est parmi les meilleurs en mathématiques, assez bons en sciences, mais en littératie, on a un problème et on ne peut pas baisser les bras là-dessus. [...] La langue, c'est la pensée. Il y a un lien direct », ajoute le ministre.

Dans une entrevue au Journal de Montréal, le président de la Fédération des cégeps soutient que l'épreuve uniforme de français est, pour certains élèves, une « barrière ». Environ 15 % des cégépiens échouent à cet examen.

Selon M. Tremblay, cet examen ne doit pas devenir « un dogme », rappelant que des élèves avec des troubles d'apprentissage ou des étudiants étrangers peuvent présenter des difficultés particulières. La Fédération des cégeps aimerait accueillir plus d'élèves, notamment en provenance de l'extérieur du pays.

L'an dernier, le ministre Yves Bolduc avait mis fin aux rumeurs selon lesquelles son gouvernement voulait abolir cet examen ou en abaisser les critères. Un rapport qui lui avait été remis prônait un renforcement de l'enseignement du français ou encore l'élimination pure et simple de ce test obligatoire.

Les étudiants admis dans les programmes en enseignement « sont trop faibles »

Par ailleurs, le ministre Blais affirme que les universités devraient être plus sévères quand elles recrutent des candidats en éducation. Il juge que les candidats actuels sont trop faibles et que cela a des conséquences sur la qualité du français des élèves à l'école.

Il a réaffirmé l'intention de son gouvernement de rehausser les exigences envers les futurs enseignants.

« Je le dis avec le plus grand respect pour les personnes, [mais] on prend des étudiants qui sont trop faibles, dans une discipline qui est pourtant fondamentale, parce que les professeurs, les enseignants, devraient être des modèles sur le plan intellectuel, sur le plan moral aussi, je l'espère », affirme le ministre.

« Nos finissants en formation des maîtres ont des difficultés en français, ils ne réussissent parfois pas leur examen. Il faut donc rehausser les standards à ce niveau. Des recherches indiquent que lorsque les enseignants maîtrisent bien leur langue, ça a un effet positif sur le français des élèves », a-t-il soutenu.

Deux avenues sont possibles pour rehausser la qualité des candidats admis, selon le ministre.

« On peut contingenter des programmes, en disant : "Vous ne prendrez que les meilleurs", et allouer les places sur le territoire. L'autre façon, c'est [de ne pas] admettre les candidats tout de suite [...] quand [ils] sont trop faibles à l'entrée. On regarde ça en ce moment avec le monde universitaire », dit-il.

La FECQ d'accord avec le ministre

La Fédération étudiante collégiéal du Québec est du même avis que le ministre Blais et soutient que l'examen doit être maintenu. « La maîtrise du français est une compétence cruciale pour une société minoritaire comme la nôtre en Amérique du Nord. C'est également un élément non négligeable dans l'intégration des immigrants à la culture québécoise », affirme le président de la FECQ, Antoine Côté.

« Plutôt que de diminuer les exigences des étudiants en matière de la maîtrise de la langue française, pourquoi ne pas donner plus de ressources à ceux qui éprouvent des difficultés. N'encourageons pas le nivellement par le bas », poursuit M. Côté.

La FECQ souligne par ailleurs que l'épreuve uniforme de français a un taux de réussite qui est légèrement en hausse par rapport à l'année dernière.

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