Cela fait un bail qu'on se connaît et je peux vous assurer qu'il n'est plus aujourd'hui l'homme qu'il était il y a une quinzaine d'années. Encore moins, imaginez bien, le Patrick qu'il était, gamin. Mais il en reste des traces. Certains traits de son caractère n'ont pas vraiment changé.

Un texte de Franco Nuovo

À 15 ans, Patrick Huard savait qu'il ne se contenterait pas de faire une seule chose dans sa vie. C'était d'ailleurs déjà comme ça. Il étudiait en musique, faisait partie de la chorale, de l'harmonie, du chœur. Il était scout aussi, jouait au hockey et distribuait le journal le matin dans son quartier. Il le dit lui-même : « J'avais un horaire de président. » Jusqu'au jour où son père l'a forcé à choisir ses activités.

Jusqu'à 17 ans, il a habité dans Rosemont, enfin, jusqu'à ce que ses « parents aient assez de sous pour s'acheter un condo sur la Rive-Sud ».

Il se définit avec humour comme un hyperactif sans problème d'attention. Une bolle. Doué à l'école, il n'était pas du genre à se laisser distraire par une mouche, sinon des fois par la maîtresse qu'il trouvait belle.

Or, il n'a jamais appris un texte de sa vie. C'est toujours le cas maintenant, même quand il tourne. Il lit sa scène et ça lui suffit.

Il est de ceux qui aiment la polyvalence. Encore aujourd'hui n'est-il pas humoriste, acteur, réalisateur, producteur, etc.? Or, s'il y a de bons côtés à diversifier ses activités, il y en a aussi de moins bons. « Tes progrès sont plus lents. Je m'améliore dans tout, mais très lentement, ce qui veut dire que je serai vraiment bon à 70-75 ans », admet-il en riant.

Comme tout le monde, il a des craintes. Celles entre autres du temps qui passe, de se faire oublier dans son métier, de devenir un has been, ringard.

Un danger qui guette tous les artistes, les performeurs qui marchent sur un fil de fer, qui doivent se renouveler, mais sans se défaire de ce qu'ils ont acquis. Une crainte pour tous, mais qui ne survient pas au même âge chez tout le monde.

Et il y a cette jeunesse qui arrive derrière, talentueuse. « Il y aura toujours des jeunes plus fous pour faire danser les boogaloos », comme le chantait Charlebois. « Tu les vois, des hypertalentueux, dit-il, qui sont déjà une coche en avant. Ils ont le côté ludique et l'ultraprofessionnalisme. »

Il ne regrette pas. Il n'est pas du genre nostalgique, Huard. C'est la vie. Il aime l'âge qu'il a aujourd'hui, son expérience aussi. Il vit bien avec sa quarantaine avancée, sereinement. Il s'est posé, s'est installé dans une forme de sagesse qu'il applique à sa façon de travailler.

Il préfère le Patrick Huard d'aujourd'hui à celui d'hier, à celui d'il y a 15 ans. Il préfère sa tête, les rôles qu'on lui propose.

Chez lui, ce qui a bougé en 20 ans est surtout relatif à sa vie personnelle. Il a épousé une femme qu'il aime. Il a envie de retourner à la maison après le boulot, ce qui n'a pas toujours été le cas. « Je fais les affaires pour les bonnes raisons, je crois. Je choisis mes projets, comme j'ai choisi de faire un Bon cop, bad cop 2. »

Conscient qu'une journée n'a que 24 heures, il dort sept heures par nuit et essaie le plus possible de rentrer à la maison vers 18 heures. Après, il ne répond plus au téléphone. Il décroche. Quant aux week-ends, ils appartiennent à sa famille.

Le Huard d'aujourd'hui, c'est clair, n'a rien à voir avec celui d'hier qui sortait, qui faisait la fête.

Convaincu que dans la vie, ceux qui réussissent sont ceux qui mettent les choses en branle, il fait donc une énorme différence entre ce qu'il appelle « une intention et une décision ».

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