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Paul Kagame réélu président du Rwanda avec près de 99 % des voix

Paul Kagame, qui dirige le Rwanda d'une main de fer depuis 23 ans, a été réélu pour un troisième mandat de sept ans à la présidence, au terme d'un scrutin dont le résultat ne faisait aucun doute, mais dont les chiffres peuvent laisser perplexe.

Sur l'ensemble des bulletins dépouillés, plus de 98 % des électeurs ont voté pour M. Kagame, selon la Commission électorale.

Le taux de participation s'élevait à 96,42 % des 6,9 millions d'électeurs inscrits. De longues files d’attente étaient visibles dans la capitale, Kigali, vendredi, mais tout s'est déroulé dans le calme.

En soirée, vendredi, plusieurs centaines de personnes étaient réunies devant un écran géant, dans un gymnase de Kigali, afin de célébrer le triomphe attendu de M. Kagame.

« Il a libéré le pays, il a stabilisé le pays, et maintenant on peut marcher dans tout le pays nuit et jour sans problème », a fait valoir à l'AFP Jean-Baptiste Rutayisire, un entrepreneur qui a voté dans le même bureau que le président.

Aucun de ses deux rivaux – Frank Habineza, du Parti vert, et Philippe Mpayimana, un indépendant – n’a atteint 1 % d'appuis. Au début juillet, la seule femme candidate, Diane Shima Rwigara, avait été disqualifiée par la Commission électorale pour avoir falsifié des signatures.

M. Habineza, qui ne se faisait aucune illusion quant à ses chances, s'était néanmoins réjoui en entrevue à l'AFP que, pour « la première fois depuis 23 ans, un parti d'opposition se trouve sur les bulletins de vote ».

Même s’il est arrivé à la présidence en 2000, dans les faits, M. Kagame dirige les destinées du Rwanda depuis que ses rebelles ont mis un terme au génocide des Tutsis, en 1994, en renversant le gouvernement extrémiste hutu. Il a ensuite stabilisé le pays.

Il a d'abord été vice-président et ministre de la Défense, mais il dirigeait le pays de facto, avant d'être élu président en 2000 par le Parlement. Il a été reconduit au suffrage universel en 2003 et en 2010, chaque fois avec plus de 90 % des voix.

L’homme de 59 ans a reçu des accolades pour la croissance économique du pays de 12 millions d’habitants.

Mais les groupes de défense des droits de la personne accusent son gouvernement d’abuser de son pouvoir pour faire taire ses opposants. Amnistie internationale, notamment, a publié le mois dernier un rapport dénonçant la violence et la répression contre l'opposition, les médias et les défenseurs des droits de la personne au Rwanda. « Ceux-ci sont emprisonnés, agressés physiquement, contraints à l'exil ou réduits au silence, parfois même tués », a déclaré Amnistie internationale.

Le gouvernement de Paul Kagame a toujours rejeté ces affirmations.

Un amendement constitutionnel adopté en 2015, et approuvé à 98 % lors d'un référendum controversé, permet au président Kagame de rester en poste jusqu’en 2034 s’il le souhaite et s’il est réélu.

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