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Paul St-Pierre Plamondon veut reconnecter les électeurs avec le PQ

Après avoir clamé dans son essai Les orphelins politiques que sa génération ne se retrouvait pas dans les partis politiques en place, l'avocat et essayiste Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction du Parti québécois avec l'intention de la reconnecter avec ce parti.

En entrevue à l'émission Gravel le matin, l'homme de 39 ans a déclaré qu'il valait mieux réformer un parti en place plutôt que de diviser davantage le vote en créant une nouvelle formation politique. Cela serait « néfaste pour la démocratie québécoise », selon lui.

« Le départ de Pierre Karl Péladeau est venu changer plusieurs choses parce que désormais, tout est possible au Parti québécois », soutient M. St-Pierre Plamondon, pour expliquer son ralliement.

Il souligne que les quatre candidats actuels, qui sont tous progressistes et ouverts d'esprit, ont invité les orphelins politiques à se joindre au parti. Il estime que le départ de M. Péladeau permet de « réinventer le Parti québécois, de l'améliorer. C'est aussi une possibilité de reconnecter avec la population. Donc, de refaire le lien de confiance entre le Parti québécois et tous les Québécois. »

C'est ainsi qu'il explique sa décision d'appuyer un parti qu'il a par le passé passablement critiqué, tout comme il l'a fait, d'ailleurs, pour le PLQ, Québec solidaire ou encore la CAQ.

« Il y a plusieurs orphelins politiques au Québec, qui constatent que le Québec a besoin de changer de gouvernement éventuellement, qui constatent les méfaits de l'austérité et de la culture du mensonge dans laquelle on baigne, et qui cherchent une adresse », affirme-t-il.

Le PQ est la seule option possible pour mettre fin au règne des libéraux, d'après lui.

« Mon rôle à titre de candidat différent, parce que je viens de l'extérieur, c'est de reconnecter le Parti québécois avec ce que les gens veulent, avec ce que les Québécois demandent », poursuit-il.

Dans cet esprit de rebrancher le parti à l'ensemble des Québécois, M. St-Pierre Plamondon estime que le PQ doit faire son mea culpa à la suite de l'épisode de la charte des valeurs. Il souligne que le PQ s'est aliéné les minorités culturelles avec la charte des valeurs et il croit que le parti doit faire son mea culpa pour se réconcilier avec cette portion de l'électorat.

Témoignant de cette fracture entre le PQ et les communautés culturelles, il a raconté que trois de ses amis, issus de minorités culturelles, ont refusé de s'impliquer dans sa campagne en raison des stigmates laissés par la charte des valeurs. « Ce sont des gens que j'aime et avec qui j'aurais aimé travailler », déplore-t-il.

En finir avec l'« obsession référendaire »

Confiant avoir acheté sa carte du PQ « très récemment », M. St-Pierre Plamondon veut que le PQ abandonne son « obsession référendaire » qui, selon lui, rebute les Québécois. Il estime que les citoyens ont perdu confiance dans le PQ parce qu'ils le perçoivent comme un parti plaçant la gouvernance au service de la tenue du prochain référendum.

« Les gens ont l'impression que le projet de référendum, l'empressement référendaire, est plus important que le service de l'intérêt public », avance-t-il.

Il pense que le PQ devrait d'abord tâcher de regagner la confiance de la population au cours d'un premier mandat - rejoignant ainsi la position de Jean-François Lisée - en assurant une bonne gouvernance. « Les gens ont le sentiment qu'il y a toujours une stratégie vers le référendum et ça les rend mal à l'aise. »

« Les gens, en 1995, ont voté non sur la base de fausses représentations et je crois que si on se fie à leur intelligence, la bonne réponse va venir un jour, mais il ne faut pas les forcer », ajoute-t-il, en précisant que l'obsession référendaire profite au PLQ, qui peut ainsi se maintenir au pouvoir.

Il relègue donc la tenue d'un référendum à un éventuel deuxième mandat et propose d'en laisser l'initiative à la population.

Se définissant comme un « fédéraliste déçu », il rappelle toutefois que le « Québec bashing » existe toujours dans le reste du Canada. L'inertie du gouvernement fédéral dans le dossier constitutionnel, depuis 1995, témoigne du manque de volonté de régler la question québécoise. « Il n'y a aucune volonté de réintégrer le Québec dans le Canada. », déplore-t-il.

Le cinquième candidat

M. Plamondon est ainsi devenu le cinquième candidat à briguer la direction du parti souverainiste, après Véronique Hivon, Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée et Martine Ouellet. Il devra recueillir 1500 signatures d'appui de militants du parti afin d'officialiser sa candidature, une épreuve de force pour celui qui vient tout juste de racheter sa carte du parti.

M. St-Pierre Plamondon est connu pour avoir cofondé en 2008 le groupe de réflexion Générations d'idées, une organisation sans but lucratif et non partisane destinée à offrir une tribune aux jeunes de 20 à 35 ans. Il en a été le président pendant cinq ans.

En octobre 2014, il a lancé l'essai Les orphelins politiques, où il argue que la génération Y, dégoûtée à la fois par la corruption régnant sous le gouvernement Charest et par l'obsession référendaire des péquistes, ne se retrouve pas dans les partis politiques actuels.

Il y plaide pour un mouvement de gauche modéré porté par une élite intellectuelle et économique qui défendrait le progrès social en misant notamment sur l'éducation publique et la promotion du français pour rassembler la nation québécoise.

Ce mouvement, destiné à rassembler tous ceux qui sont déçus par la politique au Québec, a tenu un premier rassemblement à Montréal le 19 avril.

L'avocat a longtemps été vice-président du cabinet Delegatus, qu'il a finalement quitté à l'automne 2015. Il est également connu pour ses interventions à la défunte émission BazzoTV, à Télé-Québec.

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