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Pékin avait condamné Garratt pour espionnage avant de l'expulser

Le Canadien Kevin Garratt a été reconnu coupable de deux chefs d'espionnage avant d'être expulsé au terme de son procès, a appris notre correspondant Yvan Côté. Emprisonné pendant deux ans en Chine pour espionnage, il est revenu au pays jeudi.

Un jugement a été rendu mardi par un tribunal de Dandong et M. Garratt a été expulsé de Chine deux jours plus tard. Selon une source à l'ambassade canadienne en Chine, le juge a statué que M. Garratt « avait commis un délit très grave ». Des représentants du gouvernement canadien ont assisté au procès.

M. Garratt avait été arrêté en 2014, après qu'Ottawa eut accusé la Chine d'avoir piraté le système informatique du Conseil national de recherches.

Un dossier épineux entre Pékin et Ottawa

Le cas du Canadien avait été soulevé par le premier ministre Justin Trudeau lors de son voyage en Chine, fin août. Ce dossier était devenu un problème épineux dans les relations sino-canadiennes. Cette décision lève donc un irritant majeur entre les deux pays.

Dans un communiqué, le premier ministre a indiqué jeudi que « les plus hauts échelons du gouvernement du Canada ont été saisis de ce dossier ». 

« Nous aimerions remercier les agents consulaires qui travaillent chaque jour dans les coulisses pour venir en aide aux Canadiens à l'étranger », a-t-il ajouté.

Il y a quatre mois, Michel Coulombe, le patron du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), s'était rendu en Chine afin d'expliquer aux autorités chinoises que M. Garratt n'avait jamais été un espion du SCRS, qu'il n'avait jamais fourni d'informations secrètes à Ottawa et qu'il n'avait jamais été rémunéré par le gouvernement canadien.

Vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a affirmé que le Canada n'a jamais fait de concessions pour obtenir la libération de M. Garratt.

Des rencontres « routinières »

Selon une source à l'ambassade canadienne en Chine, le SCRS avait rencontré M. Garratt à trois reprises avant son arrestation.

Ces rencontres étaient « routinières ». Étant donné que M. Garratt habitait près de la frontière avec la Corée du Nord, les membres du SCRS lui ont parlé « autour d'un café, comme il le font à l'occasion avec des gens qui habitent dans des coins chauds de la planète, ce qui n'en fait pas un de nos informateurs » d'ajouter la source à l'ambassade canadienne.

Toujours selon cette source à l'ambassade canadienne, Ottawa s'inquiétait de l'état de santé de M. Garratt depuis des mois. Lorsque des diplomates l'avaient rencontré cet été, le prisonnier avait de la difficulté à demeurer assis. Il avait « d'importants maux de dos et devait se lever pour marcher à tout moment ».

Le plus inquiétant cependant était son niveau de cholestérol et sa pression sanguine. Des représentants du gouvernement canadien auraient été jusqu'à dire à Pékin : « vous ne voulez pas qu'il meure dans l'une de vos prisons ».

D'éprouvantes conditions de détention

Les lumières dans la cellule de Garratt étaient allumées en permanence, ce qui n'aidait pas à baisser la pression artérielle du Canadien emprisonné.

Un médecin attendait Kevin Garratt à son arrivée à Vancouver. L'homme, qui vivait en Chine depuis 30 ans, devra passer des tests pour s'assurer qu'il n'a pas d'ennuis de santé.

Julia Garratt a été arrêtée en même temps que son mari, mais elle avait été libérée sous caution en février 2015. Le couple Garratt participait à des oeuvres caritatives chrétiennes et dirigeait, depuis 2008, un café très populaire près de la frontière de la Chine avec la Corée du Nord.

Avec les informations d'Yvan Côté

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