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Pékin tente d'éviter une autre année « catastrophique » sur le plan économique

Le PIB chinois s'est accru de 6,9 % au premier trimestre de 2017, soit un peu plus que prévu. En fait, à peu près tous les résultats dévoilés lundi par le Bureau national des statistiques sont positifs, que ce soit la production industrielle, les investissements privés ou le revenu disponible des ménages. C'est une bonne nouvelle pour la Chine, dont la croissance, l'an dernier, a été la plus faible en 26 ans.

Un texte de Jérôme Labbé pour L'heure du monde

Il y avait longtemps que l'économie chinoise ne s'était pas portée aussi bien. À 6,9 %, la croissance du produit intérieur brut est de 0,1 point de pourcentage supérieur à ce que prévoyaient les analystes. C'est le rythme de croissance le plus soutenu enregistré par la Chine depuis le troisième trimestre de 2015.

Cette hausse du PIB est largement attribuable à la production industrielle, qui s'est emballée de 7,6 % pendant la même période. La production d'acier, par exemple, a atteint un niveau sans précédent.

Il faut dire que Pékin investit beaucoup dans les infrastructures depuis quelque temps. On estime que depuis un an, ces investissements se sont envolés de 23,5 %.

Ce que tente de faire la Chine, en fait, c'est de rééquilibrer son modèle économique, d'augmenter sa consommation intérieure afin d'être moins dépendante des exportations.

« Le problème lorsqu'on a une économie qui est fortement basée sur le commerce international, c'est qu'on est [...] exposé à des changements de rythme de croissance au niveau mondial », explique Gregory Daco, économiste pour la firme Oxford Economics.

« On l'a vu au cours des derniers 18 mois, le fait que la croissance mondiale ait fortement ralenti a eu un effet négatif assez important sur l'économie chinoise, dont la croissance avait elle-même commencé à se contracter », poursuit-il.

C'est aussi pour stimuler cette consommation intérieure que les autorités chinoises ont décidé dans les dernières années de faciliter l'accès à la propriété. Résultats : les investissements dans le secteur immobilier ont grimpé de 9,1 % au premier trimestre de 2017, essentiellement en raison des constructions neuves.

Craignant une bulle immobilière, plusieurs villes chinoises ont toutefois décrété dans les dernières semaines de nouvelles mesures afin de freiner la hausse des prix, notamment en limitant le droit d'achat d'une résidence secondaire.

Autre bonne nouvelle pour Pékin : les indicateurs sont encourageants sur le plan de la consommation. Le revenu disponible des ménages a crû de 7 % au premier trimestre de 2017, une hausse inégalée depuis 2015. Même tendance du côté des ventes au détail, qui ont crû plus que prévu.

Ces résultats sont le signe d'une classe moyenne qui grandit, selon Alex Koustas, économiste à BMO Marchés des capitaux. « On le voit par exemple avec les ventes d'automobiles, qui atteignent des niveaux records » illustre-t-il.

Les experts s'accordent néanmoins pour dire que la croissance devrait être un peu plus faible au cours des neuf prochains mois. C'est aussi ce que prévoit le gouvernement chinois, qui entend ralentir ses investissements dans les infrastructures. Pékin vise une croissance de « seulement » 6,5 % pour 2017, ce qui serait encore moins que l'an dernier.

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