Retour

Pénurie d'enseignants suppléants dans les écoles du N.-B.

Les écoles du Nouveau-Brunswick font face à un défi de taille : un manque d'enseignants dans les salles de classe. Et selon plusieurs intervenants, la situation risque d'être difficile à régler.

Un texte de Pierre-Alexandre Bolduc

Certaines écoles du Nouveau-Brunswick ont du mal à trouver des suppléants et les enseignants ressentent plus de pression.

« Très souvent, les enseignants rentrent malades, parce que c'est plus facile de retourner à l'école en étant malade que de savoir qu'il n'y aura peut-être pas de suppléants pour (les) remplacer pendant la journée », lance le président de l'Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Marc Arseneau.

En fait, trouver des enseignants suppléants est un défi tant du côté des écoles francophones qu'anglophones, selon Marc Arseneau.

Des quotas pour les suppléants

Selon la directrice générale du District scolaire francophone Sud du Nouveau-Brunswick, Monique Boudreau, une partie du problème réside dans le fait que les districts scolaires ont des limites à respecter par rapport au nombre de jours de suppléances pendant l'année scolaire.

Une fois le quota atteint par les enseignants suppléants, ils ne peuvent plus travailler. Ce quota est établi à 80 jours pour les enseignants retraités.

De son côté, le ministre de l'Éducation, Brian Kenny, dit discuter actuellement avec les enseignants et les directeurs d'écoles pour améliorer la situation le plus tôt possible.

« Pour nous autres, avec les investissements offerts dans les écoles et aussi dans le système d'éducation, ça va améliorer notre système d'éducation », affirme le ministre Kenny.

Des facultés d'éducation universitaires qui se vident

L'autre problème du manque de suppléants dans les salles de classe, c'est le mythe qu'il est impossible de décrocher un emploi en enseignement.

La doyenne de la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Moncton, Marianne Cormier, explique que les gens ont longtemps cru qu'il n'y avait pas d'opportunité d'emploi dans le domaine de l'éducation et les jeunes se tournent vers d'autres choix de carrière.

Il y a six ans, 150 diplômés sortaient de la faculté de l'éducation de l'Université de Moncton.

Cette année, 50 étudiants seulement ont reçu leur diplôme. C'est trois fois moins.

Marianne Cormier affirme que si plusieurs districts scolaires de partout au pays tentent de recruter les finissants de l'Université de Moncton en éducation, la plupart des étudiants souhaitent rester au Nouveau-Brunswick et obtiennent un emploi rapidement.

« La donne est en train de se renverser, explique la doyenne de la faculté en sciences de l'éducation. On a des postes en éducation au Nouveau-Brunswick. J'ai l'impression que tous nos finissants se sont trouvé des postes pour l'an prochain déjà. »

Plus d'articles

Commentaires