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Pénurie de ressources à la petite enfance, dit Graham Fraser

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, demande au gouvernement fédéral de financer des initiatives appuyant le développement de la petite enfance au sein des communautés francophones en situation minoritaire.

Un texte de Catherine Logan

Dans son rapport intitulé La petite enfance : vecteur de vitalité des communautés francophones en situation minoritaire, publié lundi, M. Fraser accuse la fragmentation des services à la petite enfance, une pénurie de personnel et un manque de ressources pour expliquer une baisse des proportions de la population de la langue française au Canada.

« Le développement de la petite enfance est crucial pour la vitalité des communautés francophones », a affirmé M. Fraser par voie de communiqué.

Le commissaire des langues officielles recommande notamment au ministère de Patrimoine canadien et au ministère de la Famille, des Enfants et du Développement social d'intégrer un volet francophone au cadre national pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants en voie de préparation. Il préconise également de prévoir dans le prochain plan d'action sur les langues officielles un investissement « suffisant, stable et continu » dans le développement de la petite enfance en français.

Il souligne par ailleurs qu'il est très important que les agences et ministères gouvernementaux soient informés par les communautés francophones minoritaires et attentifs à celles-ci tout au long du développement de leurs stratégies.

Le commissaire Fraser accorde à la ministre du Patrimoine canadien et au ministre de la Famille jusqu'au 31 mars 2018 pour donner suite aux recommandations du rapport.

Les initiatives visant la petite enfance dans le cadre du Plan d'action 2003-2008 et de la Feuille de route 2008-2013 représentaient respectivement des enveloppes budgétaires de 14,6 millions de dollars et de 17,5 millions de dollars.

Toutefois, ces sommes n'ont pas été renouvelées dans le cadre de la Feuille de route 2013-2018. Alors, depuis 2013, les communautés disposent de peu de fonds fédéraux pour les initiatives destinées au développement de la petite enfance.

Selon la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, organisme qui a pour rôle de défendre et de promouvoir les droits et les intérêts des francophones à l'extérieur du Québec, le rapport sur la petite enfance « peint un portrait frappant des défis auxquels font face les communautés, notamment en matière de garderies en français ».

La présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier, est d'avis que le gouvernement pourrait aussi prévoir des mesures spécifiques aux communautés dans son plan d'investissement en matière d'infrastructures.

« Le gouvernement peut s'y prendre de diverses manières pour appuyer le développement de nos communautés, et la petite enfance est un élément capital », souligne Mme Lanthier par communiqué.

Joanne Colliou, gestionnaire à la Coalition francophone de la petite enfance du Manitoba, partage l'avis de Mme Lanthier.

« Nous sommes tellement une population moins grande que la population anglophone que nous devons toujours nous battre pour nos fonds et cela devrait être un acquis », a-t-elle fait valoir lors d'une entrevue à l'émission matinale de Radio-Canada Le 6 à 9.

La présentation du rapport a eu lieu lundi à Gatineau (Québec) en présence de représentants des institutions fédérales.

Des intervenants des communautés francophones en situation minoritaire, y compris des intervenants de la Commission nationale des parents francophones, de la FCFA du Canada et du Forum des leaders, étaient également présents.

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