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Perry Bellegarde appelle les Premières Nations à voter en masse

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations n'est pas certain de voter aux prochaines élections fédérales. Pourtant, il encourage les Autochtones à exercer leur droit de vote, en insistant sur l'impact que cela pourrait avoir sur les résultats le 19 octobre prochain.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

Perry Bellegarde a présenté mercredi sa liste de demandes aux partis politiques fédéraux en prévision du scrutin. Il souhaite ainsi éliminer l'écart qui existe entre les conditions de vie des communautés autochtones et celles du reste de la population canadienne.

Il a notamment demandé davantage d'argent pour améliorer l'éducation, lutter contre la violence faite aux femmes et améliorer l'accès à l'eau potable.

Lors de ce point de presse, Perry Bellegarde en a profité pour rappeler aux Autochtones l'importance d'exercer leur droit de vote. Il a insisté sur l'importance pour les Autochtones de se mobiliser et de voter lors de la prochaine élection.

D'autant plus, selon lui, qu'ils peuvent influencer les résultats dans une cinquantaine de circonscriptions, dont 11 en Ontario, 11 en Colombie-Britannique et 8 au Québec.

Mais alors qu'il demandait aux communautés de se mobiliser et de voter, il a admis ne pas avoir voté à la dernière élection fédérale et a même ajouté qu'il n'était pas certain d'exercer son droit vote aux prochaines élections. Il se justifie en parlant de son rôle de chef non partisan et de l'enseignement de ses ancêtres.

Un mouvement se dessine

Pour Isabelle Picard, une Wendate qui vit maintenant à Montréal, les Autochtones doivent voter s'ils veulent faire entendre leur voix. Même si elle a 39 ans, c'est la deuxième fois seulement de sa vie qu'elle ira voter à des élections fédérales.

Mais peu d'Autochtones, comme Isabelle, exercent leur droit de vote. Si bien qu'aux dernières élections, le taux de participation moyen a été de seulement 45 %.

Mais sur le terrain, certains chefs autochtones remarquent déjà que la campagne électorale suscite beaucoup plus d'intérêts que par le passé.

« Dans ce cas-ci, les élections de 2015 prennent une grande importance pour beaucoup de nos gens que ce soit sur réserve ou hors réserve. Il y a très clairement une fatigue par rapport au gouvernement conservateur et je pense que tout le monde se manifeste contre M. Harper et son gouvernement », dit Ghislain Picard, Chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Sur son compte Twitter, puis sur les ondes de CBC, Ashley Burnham, la première Canadienne et autochtone à remporter le concours international de beauté Madame Univers, a exhorté les Premières Nations du pays à voter contre les conservateurs. « Nous devons changer pour un nouveau premier ministre », affirme-t-elle.

Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans sa communauté, Isabelle Picard remarque elle aussi une forte mobilisation des jeunes des Premières Nations.

Les libéraux et les néo-démocrates ont profité de la sortie du chef de l'Assemblée des Premières Nations pour répéter qu'ils sont la véritable solution aux problèmes des Autochtones.

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