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Peter Simons lance un plaidoyer en faveur d'une justice fiscale et sociale

Le PDG des magasins Simons demande aux gouvernements du Canada et du Québec d'assumer leurs responsabilités fiscales. Selon Peter Simons, les ventes en ligne permettent à des entreprises et à des clients de ne pas payer les frais de douane, la TPS et la TVQ sur certaines transactions.

Gérald Fillion

Un texte de Gérald Fillion

Ce comportement est inacceptable aux yeux de l'homme d'affaires. « On est rendu à couper [dans] l'éducation de nos enfants, à financer les soins de santé de nos parents, a déclaré Peter Simons dans le cadre d'une entrevue à RDI économie. « Ça prend une certaine fermeté », selon lui, de la part de l'État pour ramener une forme d'équité fiscale.

« Je paie mes impôts sur le commerce électronique, a-t-il dit, je paie mes douanes, mais j'ai des compétiteurs qui importent, dans des plus petites quantités [et qui ne paient] aucune douane, c'est 18 % d'avantages, aucune taxe corporative, c'est 30 %. Imaginez que, dès le départ, on est 48 % moins compétitifs que quelqu'un d'autre! »

La transformation de l'économie est en cours, affirme le PDG de la chaîne qui compte 12 magasins au Canada et 3000 employés. Il faut revoir l'encadrement fiscal et ne pas tarder à le faire, selon lui. « Au niveau gouvernemental, je ne suis pas sûr que cette idée d'urgence et de nécessité de redéfinir l'encadrement législatif est là. [...] Notre plus grosse dépense chez nous, dit Peter Simons, c'est l'impôt, il ne faut pas le nier. »

Il ne demande pas une baisse d'impôt pour son entreprise. Il martèle que c'est de l'équité qu'il faut. « À la base, quand même, si on veut faire de l'activité dans une communauté, mon argument, dit-il, c'est simplement qu'il faut assumer ses responsabilités. [...] C'est comme ça qu'on finance nos valeurs, nos choix de société, nos services publics. [...] Si l'appel n'est pas entendu ou s'il y a une inhabilité de se concentrer sur un consensus d'actions, je crois qu'on verra venir doucement une révolution. [...] On vit finalement une déréglementation spontanée, qui est poussée par la technologie et l'entreprise privée. »

Peter Simons fait partie des rares dirigeants d'entreprises à réclamer cette justice fiscale en invoquant par la même occasion le financement des services publics.

« J'ai peur qu'on rembarque dans un cycle compressions, coupures, compressions, coupures, sans identifier la cause réelle. Je n'ai pas toutes les solutions, mais au moins commençons à dire : "Tout le monde va payer leur juste part et va participer". Vous ne pouvez pas venir au Québec, au Canada, vouloir faire affaire sans assumer aucune responsabilité », ajoute-t-il.

Le gouvernement du Québec évalue les pertes fiscales annuelles liées aux ventes en ligne à quelques centaines de millions de dollars.

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