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Petit guide pour un conseil national du PQ réussi

C'est un vieux truc en politique : à l'approche d'un conseil national/général avec vos militants, arrangez-vous pour leur donner de bonnes nouvelles. S'ils sont heureux, s'ils ont l'impression que vous savez où vous allez, disons qu'ils seront moins critiques.

Une analyse de Sébastien Bovet

Rappelez-vous, en pleine période de rigueur/austérité budgétaire, Philippe Couillard avait justifié la tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions, l'automne dernier, en disant qu'il voulait présenter ses nouveaux élus aux militants lors d'un conseil général, cinq jours après les partielles. Le but : mobiliser ses troupes sur le terrain pour les partielles et les féliciter, avec les honneurs, devant le parti tout entier quelques jours plus tard.

Peut-être que Pierre Karl Péladeau a pris des notes. Cette semaine, il a frappé trois coups mobilisateurs : la naissance de l'Institut de recherche sur l'autodétermination des peuples et les indépendances nationales (vous pouvez dire Institut sur la souveraineté), le lancement de l'école de formation du PQ et un site sur les pertes d'emplois au Québec depuis l'arrivée du gouvernement Couillard.

Le message est le suivant : le parti bouge, le mouvement souverainiste s'active, vous êtes entre bonnes mains.

Notez au passage qu'on ne parle plus des « distractions », comme le départ éventuel du chef de cabinet de M. Péladeau, Pierre Duchesne. Notez qu'on parle peu du mode de financement du l'Institut. Qu'on ne parle plus du don de plusieurs centaines de milliers de dollars que le chef du PQ devait faire. Ah oui! La mise en demeure envoyée à François Legault? Oubliée, elle aussi. « J'ai tourné la page », a dit, six fois plutôt qu'une, Pierre Karl Péladeau aux journalistes cette semaine.

Ajoutez finalement le fait que M. Péladeau se débrouille plutôt bien depuis trois semaines dans son rôle de parlementaire, en attaquant le gouvernement sur des sujets économiques et en ciblant mieux ses questions, et vous avez des militants rassurés, prêts à applaudir et appuyer leur chef en fin de semaine.

Enfin, presque. Le Parti québécois reste le Parti québécois. Certains militants voudront que les élections de 2018 soient des élections référendaires, c'est-à-dire que si le PQ est élu, il enclenche immédiatement le processus d'accession à la souveraineté. M. Péladeau a clairement dit qu'il était contre et qu'un éventuel gouvernement du PQ tiendrait un référendum.

Des militants se questionneront peut-être sur les résultats du Parti dans les sondages. Ils se demanderont comment se fait-il que le PQ soit derrière les libéraux malgré toute cette austérité? On leur répondra d'attendre, que 2018, c'est loin, et que pour l'heure, il faut voir ce qui a été fait depuis la rentrée parlementaire.

Ainsi, les militants seront heureux et patients, en principe, jusqu'au prochain conseil national.

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