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Petite-Vallée : un premier pas vers la reconstruction

L'organisation du Festival en chanson de Petite-Vallée a officiellement lancé, mardi soir, une campagne de financement visant à recueillir un million de dollars. Sur scène, à Petite-Vallée, Daniel Boucher et Paul Piché en ont écrit le premier couplet.

Un texte de Joane BérubéIl y a une semaine, les gens de Petite-Vallée assistaient impuissants à la scène désolante de l’incendie du Théâtre de la Vieille Forge.

Les deux artistes, des habitués du Festival et de Petite-Vallée, ont été parmi les premiers à lever la main pour organiser un spectacle-bénéfice.

En moins de deux, l’affaire était conclue dès le lendemain de l’incendie. La communauté avait déjà retroussé ses manches.

Une semaine plus tard, le spectacle du duo Daniel Boucher et Paul Piché, sur la petite scène du Camp en chanson, sert maintenant de prélude à une grande chaîne de solidarité.

D’entrée de jeu, Daniel Boucher s'ouvre : « Je ne vous donnerai jamais autant que vous m’avez apporté. »

Lui et Paul Piché ont offert aux gens de Petite-Vallée un spectacle sympathique mélangeant grands succès et compositions toutes fraîches. Les deux artistes, qui semblaient avoir beaucoup de plaisir, ont aussi entonné quelques duos, assez réussis.

Puis, moment fort émouvant, Alan Côté est monté sur scène avec les chanteurs du village pour interpréter une chanson composée pour sa mère, Denise Lebreux.

L'heure des chiffres

Cette soirée a sans doute fait oublier pour un instant tout ce qui reste à faire pour reconstruire le théâtre qui, au fil des ans, avec le Festival, était devenu un des piliers de l’économie du village.

Le directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée, Alan Côté, admet que le bâtiment, ses équipements et ses trésors ont été mal évalués.

De plus, un solde sur l’agrandissement et les rénovations de 2001 est toujours à payer. « Il en restait encore pour environ 575 000 $, c’est ça que les assurances vont rembourser en premier », indique-t-il.

Heureusement qu'il y a aussi la chanson. Alan Côté se console en se disant qu’il n’a jamais autant entendu parler de la chanson que cette semaine.

Il restera environ 500 000 $ au Festival comme mise de fonds pour rebâtir. C’est peu, si on considère que le projet pourrait coûter de trois à quatre millions de dollars.

En attendant un nouveau bâtiment, les organisateurs doivent déjà penser aux installations à aménager l’an prochain.

Il y a les spectacles du festival, ceux de l’été. Il faut nourrir les festivaliers qui mangeaient au Théâtre de la Vieille Forge, où on a servi 6000 repas lors du dernier festival.

On a les bras qu’on a et on n’en a pas plus, lance Alan Côté, qui songe à voir s’il ne pourrait pas obtenir l’aide d’un autre festival. « Il va falloir, ajoute-t-il, trouver une solution. On va lancer un appel dans le vent et je suis sûr qu’on va le trouver. »

Appel à la solidarité

Bref, le Festival aura besoin de soutien et de beaucoup de solidarité pour retrouver son quartier général.

Menée sous la présidence de la Gaspésienne et femme d’affaires Claudine Roy, la campagne se concrétisera d’abord sur le portail web autourdepetitevallée.com mis en ligne mardi.

« On invite les artistes, le public, les festivaliers à venir partager des anecdotes, du contenu numérique, des bouts de chansons et on va pouvoir faire des dons directement », explique le directeur du Festival.

Le Festival compte aussi sur l’organisation, au cours des prochains mois, d’autres spectacles et événements-bénéfices dans diverses régions du Québec.

Des petits comme des grands. Alan Côté souligne d’ailleurs la soirée organisée dans au café du village de L’Anse-au-Griffon qui a permis de récolter plus de 500 $. « Il tire le diable par la queue, ce sont des bénévoles comme nous autres », commente Alan Côté.

À une autre échelle, plusieurs dizaines d’artistes ont manifesté leur intention de participer au grand spectacle qui aura lieu le 10 septembre au Centre Vidéotron de Québec. Leurs noms et leur nombre exact seront dévoilés jeudi.

Plus tard à l’automne, une campagne de sociofinancement sera aussi lancée.

Les gens de Petite-Vallée ont l’habitude des défis importants. En 2007, ils avaient réussi à amasser 450 000 $ pour un fonds d’appariement. Cette fois-ci, ils devront plus que doubler la mise.

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