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Peur et insécurité au lendemain de la dernière attaque à Kaboul

Au lendemain d'une explosion au centre-ville de Kaboul, le niveau de sécurité a été renforcé et de nombreuses organisations internationales envisagent le départ de leur personnel.

L’explosion, qui a fait au moins 103 morts et 235 blessés, est considérée comme la pire attaque dans la capitale afghane depuis plusieurs mois.

Une ambulance piégée a explosé samedi dans une rue bondée du centre-ville, laissant place aux interrogations et à la peur chez les habitants, alors que les services de sécurité ont prévenu que d'autres attaques pourraient se produire.

Quatre personnes ont été arrêtées, a indiqué le ministre afghan de l'Intérieur, Wais Barmak, lors d'une conférence de presse.

La présidence a décrété dimanche une « journée de deuil national » et a annoncé une journée chômée à Kaboul, lundi, « pour s'occuper des blessés ».

Le climat semblait être à la peur et au désespoir dans les rues de la capitale.

« Comment pouvons-nous vivre ainsi? Où pouvons-nous aller? » témoigne un commerçant, Mohamed Hanif, dont la boutique est située près du lieu de l'explosion. « Il n'y a aucune sécurité, nous n'avons pas de vrai gouvernement. Que devons-nous faire? »

La semaine dernière, une autre attaque revendiquée par les talibans a fait 20 morts à l'hôtel Intercontinental de Kaboul.

Réactions internationales

Le président américain Donald Trump a condamné l’attaque. Celle-ci « renforce notre détermination ainsi que celle de nos partenaires afghans », a-t-il déclaré.

Or, l’explosion en plein cœur d’une des rues les mieux gardées de Kaboul, où de nombreuses institutions et représentations étrangères siègent, vient remettre en doute la stratégie plus agressive mise en place par le président afghan Ashraf Ghani et ses alliés américains contre les talibans.

Dimanche, plusieurs ONG internationales ont décidé de relocaliser temporairement leur personnel « non essentiel ». La fondation Aga Khan a par exemple envoyé certaines personnes dans un pays voisin, alors qu’une autre organisation occidentale a déplacé son personnel habituellement basé à Kaboul ailleurs en province.

Récemment venue en visite à Kaboul, l'ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a assuré que cette stratégie était efficace et qu'elle encouragerait les insurgés à entamer des négociations de paix.

Selon un communiqué du porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, la récente attaque a plutôt « envoyé un message très clair à Trump et à ses laquais : si vous poursuivez votre politique d'agression et de menaces, n'espérez pas que les Afghans vous répondent en vous jetant des fleurs ».

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