Retour

Piratage informatique : le renseignement américain épingle Moscou

Moscou s'est bel et bien ingéré dans la dernière campagne présidentielle, ont confirmé jeudi les plus hauts responsables américains du renseignement lors d'une audition devant la commission des forces armées du Sénat.

« Seuls les plus hauts responsables russes ont pu autoriser les vols et les publications de données liées à l'élection américaine », a déclaré le patron du renseignement américain, James Clapper, lors de son témoignage.

Accompagné du directeur de l'Agence de sécurité nationale, Michael Rogers, M. Clapper a soutenu que la Russie constitue une « menace majeure » pour les intérêts américains, en raison de ses capacités de piratage « avancées et sophistiquées ».

Depuis quelques années, Moscou adopte « une position encore plus agressive […] en accroissant ses opérations d'espionnage informatique, faisant fuiter les données recueillies et visant les réseaux d'infrastructures clés », a-t-il dit.

Les techniques et méthodes informatiques de la Russie, a ajouté M. Clapper, sont également utilisées pour « influencer l'opinion publique en Europe et en Eurasie ».

Le directeur du renseignement américain affirme en outre que des « acteurs russes » sont derrière de fausses informations lancées sur les médias sociaux et les sites Internet.

Ces activités visent « à semer le doute et la confusion, à éroder la confiance du public envers ses institutions démocratiques et à tenter d'affaiblir les gouvernements occidentaux » en les dépeignant comme « corrompus et dysfonctionnels. »

Selon M. Clapper, les Russes n'en sont pas à leurs premières ingérences dans des élections américaines. « Cela remonte aux années 60, à l'apogée de la guerre froide », a-t-il indiqué.

Les conclusions livrées jeudi par M.Clapper - et dont les médias avaient fait écho l'automne dernier - sont une version publique, expurgée de détails plus sensibles.

Un rapport plus complet sur le sujet demandé par le président Obama sera présenté à M.Trump vendredi. Le Congrès sera quant à lui informé la semaine prochaine.

La semaine dernière, le président Obama a ordonné l'expulsion de 35 diplomates russes en raison de ces activités de piratage.

M. Clapper a critiqué en termes voilés les propos de Donald Trump mettant en doute le diagnostic de ses services sur l'implication de Moscou dans ces activités.

« Il y a une différence entre sain scepticisme et médisance », a-t-il souligné, en réponse à une question d'un sénateur sur l'impact sur la communauté des espions américains des déclarations de Donald Trump.

Jeudi matin, une heure avant le début de l'audition au Sénat, Donald Trump avait tenté d'arrondir un peu les angles avec les services de renseignement, accusant les médias de déformer ses déclarations.

Les médias mentent pour faire croire que je suis contre le renseignement, alors qu'en fait je suis un grand fan.

Tweet de Donald Trump

En réponse, M. Clapper a noté qu'il était lui « un grand fan des sanctions contre les Russes ».

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine