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Plaidoyer pour la fin des frais de déverrouillage de cellulaires

Même si votre contrat de cellulaire est terminé, votre ancien fournisseur peut exiger de l'argent pour rendre votre téléphone compatible avec le réseau d'un concurrent. C'est ce qu'on appelle les frais de déverrouillage, une pratique que plusieurs voudraient voir abolie.

Au Canada, lorsque vous achetez un forfait pour un téléphone, la plupart des fournisseurs verrouillent l'appareil pour que vous respectiez les termes du contrat.

Mais la plupart du temps, lorsque le contrat vient à échéance, la mesure de verrouillage reste en place et le fournisseur de service réclame de l'argent pour y mettre fin. Les frais demandés pour le déverrouillage se situent généralement de 50 $ à 100 $.

Alain McKenna, journaliste spécialiste des sciences et technologie et auteur du livre Mon téléphone coûte vraiment trop cher, fait partie de ceux qui dénoncent cette pratique répandue.

« C'est un peu un frais artificiel imposé aux clients des fournisseurs de services sans fil pour s'assurer qu'ils restent clients et abonnés au même service », affirme-t-il.

Et ces « frais artificiels » sont imposés pour une procédure qui est relativement simple, explique François Daigle, spécialiste en sécurité de l’information à Okiok.

Les fournisseurs demandent en moyenne 50 $ pour le déverrouillage. Pourtant, la procédure est toute simple et ne prend que quelques secondes, dit le spécialiste.

« Pourquoi payer 40 ici, 50 $ pour faire encore un peu d'argent avant qu’on parte vraisemblablement sans doute. Mais à part de ça, il n’y a pas de complexité outre mesure », soutient-il.

Plus de 80 % des Canadiens et des Canadiennes possèdent un téléphone sans-fil. L'an passé seulement, des centaines de milliers d'entre eux ont voulu faire déverrouiller leur appareil, raconte Sophie Lambert-Racine, analyste en télécommunications à l'Union des consommateurs.

« En 2016 seulement, il y a 37 millions qui ont été [gagné] par l'ensemble des fournisseurs pour offrir ce service-là. Rappelons-le, le verrouillage c’est une demande des fournisseurs aux fabricants. »

Aux États-Unis lorsque le contrat est terminé, le déverrouillage peut souvent être obtenu sans frais, rappelle François Daigle. « Pourquoi payer ici alors que nos voisins américains ne paient pas? », se demande-t-il.

Roger, Telus, Bell et Vidéotron, les principaux groupes de télécommunications au pays, ont tous décliné les demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Le CRTC, qui a également refusé de parler à Radio-Canada, se penche justement sur cette question.

D'après un reportage de Louis-Philippe Ouimet

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