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Plaidoyer pour un « dialogue ouvert » sur le suicide

Pas moins de 22 % des adolescents canadiens ont songé au suicide au cours des derniers mois, révèle un rapport publié par Jeunesse, J'écoute. L'organisme saisit l'occasion pour plaider en faveur d'un « dialogue ouvert » sur le sujet.

Ce portrait de la détresse qui envahit quantité d'adolescents se fonde sur une enquête nationale réalisée en ligne auprès de 1319 adolescents canadiens de 13 à 18 ans. Les résultats ont été pondérés à des fins de représentation statistique et ventilés par tranche d'âge et par sexe pour chaque province.

Consignés dans un rapport intitulé La parole aux jeunes 2016, les résultats de ce coup de sonde concluent notamment que :

  • 47 % de tous ceux qui ont eu des pensées suicidaires n'en ont parlé à personne;
  • 46 % sont allés jusqu'à élaborer un plan pour mettre fin à leurs jours;
  • les filles sont deux fois plus susceptibles de penser au suicide que les garçons.

Selon Jeunesse, J'Écoute, le suicide est le troisième problème en importance chez les jeunes, après les problèmes reliés à leur image (46 %) et aux relations interpersonnelles (40 %). Mais ceux qui ont des pensées suicidaires éprouvent souvent un deuxième, voire un troisième problème.

Autrement dit, leurs problèmes « sont liés et se superposent », souligne Alisa Simon, vice-présidente des services et programmes cliniques.

Les jeunes ayant des problèmes d'image de soi ou d'image corporelle ou qui ont été victimes de violence sont, par exemple, au moins deux fois plus susceptibles d'envisager sérieusement le suicide que les autres.

Au total, 75 % de tous ceux et celles qui ont dit avoir eu des pensées suicidaires avaient des problèmes d'images de soi ou d'image corporelle, 27 % avaient été victimes de violence, et 23 % avaient un problème d'alcoolisme ou de toxicomanie.

L'enquête montre par ailleurs que les habitudes de recherche en ligne sont révélatrices de leur état : 55 % de ceux qui ont songé à s'enlever la vie se sont informés à ce sujet sur Internet ou sur les réseaux sociaux.

« Il est inquiétant de constater à quel point les pensées suicidaires sont courantes chez les adolescents », souligne Mme Simon. « Mais malgré cette fréquence [...], les cas de suicide ne devraient pas refléter cette réalité. »

Il est cependant « essentiel » que la société « se mobilise pour établir un dialogue ouvert à propos du suicide et des pensées suicidaires », poursuit-elle. « Nous devons favoriser la compréhension et offrir aux jeunes des structures de soutien qui sont là au moment où ils en ont le plus besoin. »

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