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Plaies de lit graves : la faute au manque de personnel, selon une médecin

Les lésions de pression, communément appelées plaies de lit, pourraient être évitées si les hôpitaux et foyers de soins pour personnes âgées avaient davantage de personnel pour s'occuper des personnes alitées, selon la responsable du personnel médical pour Acadie-Bathurst, au Réseau de santé Vitalité.

Un texte de Camille Martel

Natalie Cauchon est également médecin de famille dans la région de Bathurst depuis plus de 20 ans. On manque souvent de ressources pour encourager les patients à se déplacer, lance-t-elle d'entrée de jeu.

Il n'y a pas assez de physiothérapeutes ou d'ergothérapeutes qui peuvent prodiguer des soins plus poussés, déplore-t-elle.

Bien que le personnel infirmier ait aussi un rôle de premier plan dans la prévention des plaies de lit, Nathalie Cauchon estime qu'il n'y a pas un manque de formation, mais bien un manque de personnel.

Dans un monde idéal, il faudrait augmenter les soins au chevet et ausculter les patients de la tête aux pieds tous les jours, explique la médecin.

Un incident regrettable

En ce qui a trait au cas de Mme Leola Chiasson Hawkins, la Dre Cauchon estime qu'il est isolé et hors du commun. Elle-même n'a jamais vu de plaie de lit de stade 4, bien qu'elle soit médecin.

C’est regrettable que ça arrive. Il faut se servir de cet évènement pour améliorer les soins et faire mieux. Dans tous les hôpitaux, quand il y a un évènement sévère comme ça, il y a un processus pour voir ce qui s’est passé. Ensuite, on essaie de faire mieux, dit-elle.

De plus, elle dit ne pas savoir pourquoi une litière à chat a été placée sous le lit de Mme Hawkins : À ma connaissance, il n'y a pas de chat à l'hôpital de Bathurst donc je suis très surprise de ça. Le fils de Mme Chiasson, Steven, affirme qu'une infirmière de l'hôpital de Bathurst a mis une litière à chat sous le lit de sa mère pour masquer l'odeur de sa plaie.

La Dre Cauchon assure que lorsqu'il y a une odeur, c'est synonyme d'une infection. Le signal d'alarme aurait donc dû être lancé bien avant : Lorsqu'il y a une infection, il faut débrider la plaie, c'est-à-dire enlever les tissus infectés, nettoyer et donner des antibiotiques. Cette procédure n'a toutefois pas été suivie dans l'immédiat dans le cas de Mme Chiasson.

Selon elle, les plaies de lit touchent particulièrement les personnes âgées qui sont alitées, notamment en raison de la mince épaisseur de la peau. La peau des personnes âgées est très fragile. Dans certaines conditions où il y a de l’enflure des tissus ou une infection, tout ce qui peut fragiliser la peau peut avoir beaucoup plus de facilité à développer des plaies de lit, explique-t-elle.

La prévention est de mise, rappelle la médecin : Le premier traitement c’est la prévention, les garder le plus mobiles possible même s'ils viennent d'être opérés.

Un manque de statistiques

Je peux vous dire que ces cas sont fréquents, lance Chantal Labrecque, présidente du Regroupement québécois en soins de plaies.

Or, il y a peu de statistiques sur le sujet, déplore-t-elle.

Toutefois, les données remontent seulement jusqu'à 2003, donc il est difficile d'établir une tendance, selon elle.

Mme Labrecque estime qu'on en voit peut-être davantage aujourd'hui parce que la population est vieillissante et que les plaies de lit touchent plutôt les personnes âgées.

C'est un ensemble de facteurs souvent et les personnes âgées souffrent souvent de diverses pathologies, dit-elle.

Selon elle, il faut aussi miser sur la prévention et sur la collaboration de tout le personnel et de la famille aussi.

On a besoin de gens pour les prendre en charge. Souvent la famille peut aider, surtout pour les soins d’hygiène, explique Mme Labrecque.

Dans tous les cas, les plaies de lit n'arrivent pas seulement dans les hôpitaux, tient à préciser Chantal Labrecque : On en voit beaucoup en milieu de soins, mais aussi à domicile chez les patients.

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