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Plaintes d’agressions non fondées au Yukon : les policiers ont besoin de formation

Un groupe de femmes du Yukon estime que les policiers devraient recevoir de la formation pour mieux traiter les plaintes d'agressions sexuelles.

Une enquête effectuée par le Globe and Mail a récemment révélé que, de 2010 à 2014, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a, entre autres, classé comme non fondées 29 % des plaintes d’agressions sexuelles à Whitehorse, la capitale du Yukon.

En analysant des données obtenues auprès de divers corps policiers du pays grâce aux lois sur l'accès à l'information, le quotidien a découvert qu'environ une plainte d'agression sexuelle sur cinq au pays est classée par les services policiers comme étant non fondée.

Mais au Yukon, c’est une plainte sur quatre, et dans certaines communautés comme Dawson City, ce pourcentage augmente à 35 %. À Haines Junction, c’est plus du tiers des plaintes qui sont rejetées.

Les mythes du viol

Ces données ne surprennent pas la coordonnatrice de la Coalition des femmes du Yukon, Collyn Lovelace, qui dit que la façon dont les policiers traitent les plaintes pour agressions sexuelles est très problématique.

Elle soutient qu’un « système de croyances » ancré chez les policiers contribue au problème. Elle mentionne notamment l’existence de « mythes liés au viol ».

Elle explique que, si quelqu’un est drogué, porte « un vêtement particulier », ou s’est rendu à une « fête particulière », une plainte pour agression sexuelle risque de ne pas être prise au sérieux.

Collyn Lovelace indique également que 92 % des agressions sexuelles commises au Yukon sont le fait d'hommes connus des victimes, déboutant ainsi le mythe que seuls les étrangers commettent ces agressions.

Cette attitude de la part des policiers a toutefois des conséquences, dit-elle. En effet, beaucoup de femmes hésitent à signaler des agressions sexuelles parce qu’elles s’inquiètent de ne pas être crues.

« Les femmes doivent se sentir en sécurité lorsqu’elles portent plainte », dit Collyn Lovelace, « elles doivent sentir qu’elles peuvent raconter toute leur histoire. »

Les policiers ont besoin de formation

La Coalition des femmes du Yukon, qui travaille déjà en collaboration avec la GRC, soutient qu’il est essentiel que les policiers reçoivent une formation spécialisée pour mieux traiter les plaintes d’agressions sexuelles.

La Coalition recommande que la GRC ait dans chaque division au moins un agent spécialisé dans les plaintes d’agressions sexuelles.

Les révélations du Globe and Mail ont eu un effet-choc auprès de l’organisme, raconte Collyn Lovelace, qui compte discuter du nombre de plaintes « non fondées » lors d’une prochaine rencontre avec la GRC.

La GRC examinera ses dossiers

La GRC a justement indiqué récemment, après la publication des résultats de l’enquête du Globe and Mail, qu’elle rouvrira tous les dossiers d'agressions sexuelles qu'elle avait classés comme étant non fondées en 2016.

La GRC a par ailleurs annoncé qu’elle fera l'examen « d'un échantillon de dossiers antérieurs », afin de s'assurer qu'ils ont été traités avec toute l'attention requise.

Avec les informations de CBC

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