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Plus de 123 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh

Les violences qui ravagent le Myanmar (ex-Birmanie) ont poussé quelque 123 600 musulmans rohingyas sur la route de l'exil depuis une dizaine de jours. La minorité musulmane a trouvé refuge au Bangladesh, où quelque 37 000 réfugiés ont passé la frontière au cours des seules dernières 24 heures.

Des rebelles rohingyas – l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) - ont lancé les hostilités avec l’attaque, le 25 août dernier, d’une trentaine de postes de police pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane.

L’armée birmane a répliqué en lançant une vaste opération dans cette région pauvre et reculée – l’État de Rakhine, dans l'ouest du pays – ce qui a forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir les violences.

L’armée soutient que les 10 premiers jours de combats ont provoqué la mort de 400 personnes, dont 370 « terroristes ».

« À cause des arrivées massives de réfugiés, une immense crise humanitaire se déroule ici », a déclaré Nur Khan Liton, célèbre militant des droits de la personne au Bangladesh.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les forces birmanes à la « retenue et au calme pour éviter une catastrophe humanitaire ».

Trois personnes, dont deux enfants, ont été blessées au cours des derniers jours dans l’explosion d’une mine, selon des ONG et les gardes-frontières. « Les deux enfants ont marché sur une sorte d'explosif ce matin et l'un d'entre eux a perdu une jambe », a déclaré à l'AFP le responsable de la garde des frontières Manzurul Hasan Khan.

« Nous craignons qu'il y ait d'autres mines dans la zone », a expliqué le représentant pour l’Asie de Human Rights Watch Phil Robertson, qui faisait état de la présence de l'armée birmane dans la zone un peu plus tôt.

Les Rohingyas, « des immigrés illégaux »

Le Bangladesh comptait déjà plus de 400 000 réfugiés rohingyas, venus à la suite des vagues de violences précédentes.

Les Rohingyas n’avaient jamais eu recours à lutte armée en dépit de décennies persécutions. La donne a toutefois changé depuis l’attaque rebelle. Les forces birmanes ont bouclé la région, où aucun journaliste ne peut se rendre.

L’ancienne dissidente birmane devenue présidente, Aung San Suu Kyi, fait face à de nombreuses critiques sur la scène internationale. La jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a critiqué la dirigeante birmane pour sa gestion de la crise.

Le gouvernement birman considère le million de Rohingyas comme des immigrés illégaux du Bangladesh, le pays voisin, même s’ils vivent au Myanmar depuis des générations. Le terme même de « Rohingya » est tabou au Myanmar, où l’on parle de « Bangladais ».

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