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Plus de 170 000 foyers sans électricité en Floride à l'approche d'Irma

Alors que l'ouragan Irma se renforce avant d'atteindre la Floride tôt dimanche matin, plus de 170 000 foyers et entreprises du sud de la péninsule n'ont déjà plus d'électricité.

Les autorités s'attendent à ce que ce chiffre atteigne les 9 millions.

« Nous pensons que le rétablissement du courant sera le plus difficile dans l'histoire des États-Unis », convient le porte-parole de Florida Power and Light Chris McGrath. Il s'attend pour sa part à ce que 3,4 millions d'usagers manquent d'électricité.

« Les pannes électriques seront d’une très grande ampleur et de longue durée, prévient Elaine Duke, secrétaire de la Sécurité intérieure. Cela prendra du temps de rétablir le système. »

Plus de 24 000 travailleurs s'affairent déjà à rétablir le courant le plus rapidement possible, a ajouté le gouverneur de la Floride, Rick Scott. De ce nombre, 16 000 viennent de l'extérieur de l'État.

Après avoir frappé Cuba vendredi soir, Irma remonte vers la côte sud-est des États-Unis et devrait balayer la Floride de ses puissantes rafales à compter de dimanche matin, avant de se diriger vers la Georgie et la Caroline du Sud.

D'ici là, les eaux chaudes du détroit de Floride, qui dépassent les 30°C, permettront à Irma de s'intensifier. De catégorie 3, l'ouragan pourrait ainsi remonter sur l'échelle de Saffir-Simpson, qui compte cinq échelons, d'après le Centre national des ouragans (NHC).

Le gouverneur Rick Scott, avait demandé à toute la population se trouvant dans les zones d'évacuation, dans le sud-ouest de l'État, de quitter les lieux avant samedi midi. Plus de 6,5 millions de personnes étaient visées par cet ordre d'évacuation. Des milliers de résidents ont pris la route vers le nord, alors que d'autres ont décidé de rester chez eux et d'affronter Irma.

Selon le gouverneur, les marées de tempête vont faire grimper le niveau d'eau de deux à quatre mètres, ce qui pourrait inonder de nombreuses habitations.

« Ne croyez pas que la tempête est terminée quand les vents faiblissent, avertit le gouverneur Scott dans un point de presse samedi soir. Les autorités vous diront quand l’endroit sera sécuritaire. La tempête peut frapper et vous tuer. »

Le NHC a indiqué qu'à 23 h samedi, l'ouragan Irma se trouvait à 150 kilomètres de Key West, avec des vents de 205 km/h, et qu'il se déplaçait à environ 10 km/h vers le nord-ouest. Ses experts estiment qu'il est de plus en plus certain que l'oeil de l'ouragan va balayer les Keys, le sud-ouest de la Floride et la région de Tampa dimanche matin.

La trajectoire de l'ouragan semble avoir dévié, puisqu'on l'attendait plutôt sur la côte est, près de Miami. La ville ne devrait pas se retrouver dans le cœur de l'ouragan, estime le météorologiste Dennis Feltgen, mais elle devrait tout de même subir des vents extrêmement violents et d'importantes précipitations qui risquent de menacer la vie des résidents.

Dans tous les cas, l'État de la Floride au complet devrait subir les effets de la tempête.

L'ouest de la Floride dans la mire de l'ouragan

L'envoyé spécial de Radio-Canada Christian Latreille, qui se trouve à Tampa Bay, dans l'ouest de la Floride, note que le flot de circulation automobile s'est inversé, à l'image de la trajectoire de l'ouragan.

Ainsi, alors qu'Irma doit désormais frapper l'ouest du « Sunshine State », les automobilistes font maintenant route vers l'est.

À Tampa Bay, des gens d'un peu partout sont venus trouver un refuge. Plusieurs se sont installés à l'hôtel dans l'attente de l'ouragan, qui doit passer non loin de la ville au plus tôt dimanche soir, sinon lundi matin.

Plus de 390 abris ont ouvert leurs portes à la grandeur de l'État où 72 000 personnes y ont trouvé refuges. Certains affichent déjà complet à Punta Gorda, près de Fort Myers.

Pénuries d'essence, de nourriture : les gens fuyant l'arrivée de la catastrophe semblent avoir tout emporté sur leur passage.

L'envoyée spéciale de Radio-Canada Catherine Gauthier, qui se trouve à Orlando, dans le centre de l'État, rapporte que plusieurs personnes ayant évacué leur domicile sont venues s'inscrire dans l'un des nombreux refuges ouverts à la population, afin d'y revenir lorsque la tempête aura atteint les côtes américaines.

« Il y a toujours [des gens] qui pensent qu'ils s'en sortiront tout seuls sans problème. Mais c'est sérieux! Cette tempête sera pire qu'Andrew », lui a confié un homme venu s'installer dans un refuge.

En 1992, l'ouragan Andrew avait frappé la Floride, puis la Louisiane, provoquant des dégâts de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars et entraînant la mort d'une trentaine de personnes.

Suivez nos envoyés spéciaux en Floride, Catherine Gauthier, Christian Noël et Christian Latreille :

Pour venir en aide aux autorités fédérales ou locales, la marine américaine a annoncé vendredi l'envoi depuis le port de Norfolk, en Virginie, d'un porte-avions, de deux véhicules de débarquement amphibies et d'un destroyer.

Ces quatre navires transportent 300 hommes et 27 hélicoptères. Au besoin, ils pourront apporter une aide médicale, maritime et logistique aux villes et aux communautés touchées.

Environ 7000 membres de la Garde nationale ont été déployés.

Cuba balayée par l'eau et les vents

Dans le nord de Cuba, Irma s’est déchaîné dans l'archipel de Sabana-Camagüey, avec des vents à 260 km/h, selon le NHC.

L'ouragan a provoqué des vagues géantes et des pluies diluviennes, en plus de tordre des arbres et de sectionner des lignes électriques.

Les provinces de Camagüey et Ciego de Avila, dans le centre du pays, ont été durement frappées, mais « du fait de sa grande taille, les effets d'Irma sont ressentis depuis la province de Las Tunas jusqu'à celle de Villa Clara » distantes de près de 400 km, a indiqué le météorologue cubain Elier Pila à la télévision d'État.

Avant même l'arrivée d'Irma, des précipitations torrentielles s'étaient déjà abattues sur Cuba, où plus d'un million de personnes, dont plus de 10 000 touristes étrangers, avaient été évacuées par mesure de précaution.

Les autorités ont déjà confirmé des dommages considérables, sans toutefois pouvoir en mesurer l'ampleur exacte, la communication ayant été coupée dans de nombreuses localités.

Une Cubaine décrivait samedi un paysage d'arbres et de poteaux arrachés, ainsi que de nombreux toits de tôle envolés. « Partout ici, c'est terrible », se désolait Gisela Fernandez, une infirmière âgée de 42 ans vivant à Chaparra, un village de la province orientale de Las Tunas.

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