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Plus de 250 chercheurs sur le climat répondent à l’appel de Macron

Le président français Emmanuel Macron semble avoir été entendu après avoir invité les Américains à venir travailler en France sur des solutions pour le climat, au lendemain de l'annonce du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. Pas moins de 255 climatologues, dont près de la moitié sont américains, ont soumis leur candidature.

La France a promis de financer 50 projets de recherche. Un premier tri effectué par le Centre français de la recherche scientifique a permis de retenir 90 candidatures de chercheurs, dont 62 % travaillent présentement aux États-Unis.

Le processus de sélection se poursuit. Emmanuel Macron devrait annoncer le nom des lauréats le 12 décembre prochain, dans le cadre d’un sommet qui aura lieu deux ans après la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques, où avait été signé l'Accord de Paris sur le climat.

« Make our planet great again »

Le 1er juin dernier, jugeant que le président américain Donald Trump avait « commis une erreur » en tournant le dos à l’Accord de Paris, Emmanuel Macron a lancé un appel aux « scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs et citoyens engagés » américains dans un discours en anglais.

« La France ne tournera pas le dos aux Américains, la France n'abandonnera pas le combat », avait dit le président français.

Il avait invité les chercheurs à venir travailler dans son pays pour trouver des « solutions concrètes pour le climat ».

À ceux « que la décision du président des États-Unis a déçus, vous trouverez dans la France une seconde patrie », avait-il ajouté.

M. Macron avait aussi fait allusion au slogan cher à Donald Trump en appelant à « rendre sa grandeur à notre planète » (Make our planet great again).

Des critères précis à respecter

Des milliers de personnes se sont enregistrées sur le site Internet destiné à l’initiative française. Mais les critères spécifiques d’admissibilité ont réduit de manière considérable le nombre de postulants.

Les candidats doivent être titulaires d’une thèse de plus de 4 ans, être établis à l’étranger et doivent travailler dans les sciences du climat, l'observation et la compréhension du système Terre, et les sciences et technologies de la transition énergétique.

« On a des profils de très, très haut niveau », confie la directrice générale déléguée à la science du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Anne Peyroche, à l’AFP. « C'est une vraie opportunité pour la France, mais en même temps cela interroge sur les conditions d'exercice de ces chercheurs aux États-Unis. »

La communauté scientifique américaine a exprimé à plusieurs reprises ses craintes à l’égard de l'administration Trump.

La France a décidé de verser 30 millions d’euros pour financer les 50 projets de recherche. Les institutions de recherche qui accueilleront les climatologues débourseront une somme similaire.

« Cinquante projets, 30 millions d'euros, c'est quelque chose de relativement important dans nos domaines », soutient le climatologue français Jean Jouzel.

« Ce que propose le gouvernement, ce n'est pas négligeable, ce n'est pas non plus énorme », dit-il en donnant à titre d’exemple le centre de recherche dont il est membre, l’Institut Pierre-Simon Laplace, qui comprend « 1400 personnes. »

« Pour moi, ce qui est important, c'est qu'il y ait un dynamisme de recrutement dans nos disciplines, dans les organismes », conclut M. Jouzel.

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