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Plus de 400 000 Rohingyas ont maintenant fui le Myanmar

Victimes de persécutions, les Rohingyas du Myanmar quittent en masse leur résidence pour trouver refuge au Bangladesh voisin, et leur nombre ne cesse d'augmenter, confirme l'ONU.

« Selon nos estimations, 409 000 réfugiés rohingyas sont arrivés au Bangladesh depuis le 25 août », a affirmé un porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, Joseph Tripua, à l'Agence France-Presse.

En moins de trois semaines, le sud du Bangladesh s’est ainsi transformé en immense camp de réfugiés, avec une concentration importante dans la municipalité de Cox Bazar, ce qui entraîne de graves problèmes humanitaires.

Des journalistes de l’AFP ont ainsi rapporté avoir vu des camps de fortune qui « s’étendent à perte de vue » et où l’aide est désorganisée. Des foules impressionnantes se massent tous les jours pour tenter d’attraper au vol des vêtements ou de la nourriture que jettent des bénévoles bangladais bien intentionnés, mais agissant sans coordination.

« Il y a plus de gens que de nourriture, alors c'est le chaos », a affirmé Sunabhan, une veuve de 44 ans avec quatre enfants à sa charge. « Les plus forts courent vers les camions et ils obtiennent la nourriture. C'est plus difficile pour les femmes et les enfants », a-t-elle ajouté, avant de se réjouir d'avoir réussi à se saisir d'un sac de riz lancé par des volontaires. Certains jours, elle revient les mains vides.

Pour sa part, Jonnath Ara, un autre réfugié rohingya, a pu accéder à une cantine de l’ONG Action contre la faim. « Nous avons fui, mais nous n'avions rien à manger, pas même du riz », explique-t-il, après avoir obtenu un repas.

Tous n’ont pas sa chance, puisque l’aide manque, constatent les organisations. Chaque fois qu'un camion arrive pour distribuer des bouteilles d'eau, de la nourriture ou des vêtements, la foule, désespérée, se rue vers le véhicule.

Deux enfants et une femme sont d’ailleurs morts dans une bousculade lors d’une distribution inopinée de vêtements, ont fait savoir des agences de l’ONU.

L’une des porte-parole du HCR, Vivian Tan, qui s'est rendue sur place, explique que le gouvernement bangladais essaie désormais de structurer les points de distribution. L’aide « reflète la générosité des Bangladais, mais cela suscite des inquiétudes quant à la sécurité des réfugiés », qui risquent de se faire écraser lors des manœuvres des camions, explique-t-elle.

« Les besoins sont sans fin et les gens souffrent de plus en plus », a mis en garde la porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado. Pour sa part, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a commencé à vacciner les enfants, qui représentent 60 % des réfugiés, contre la rougeole et la rubéole notamment.

La première ministre à l’ONU

Par ailleurs, la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, s’est envolée samedi pour les États-Unis, où elle assistera à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies qui débute cette semaine à New York, et où elle entend appeler à la solidarité internationale face à cet afflux de migrants.

Mme Hasina « va aussi appeler la communauté internationale et l'ONU à faire pression sur le Myanmar pour que soient rapatriés tous les réfugiés rohingyas chez eux », a annoncé son service de presse samedi.

L'ONU a d’ores et déjà dénoncé une « épuration ethnique » menée par le Myanmar. L’armée mène en effet une vaste opération de représailles qui a fait fuir en masse les civils, après des attaques de rebelles rohingyas le 25 août dernier.

Manifestations au Canada

Au pays, des centaines de manifestants se sont mobilisés à Toronto pour dénoncer les violences que subit la minorité musulmane rohingya au Myanmar.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, qui a pris la parole lors du rassemblement, a promis de s’engager à dénoncer la situation aux Nations unies la semaine prochaine, rapporte le journaliste de Radio-Canada Philippe de Montigny.

« Nous sommes ébranlés par la situation qui nous semble être comme du nettoyage ethnique », a-t-elle dit devant les manifestants parmi lesquels circulait une pétition la priant de faire pression sur les autorités birmanes.

Avec des informations de Philippe de Montigny

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