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Plus de 80 % des mineurs emprisonnés au Manitoba sont Autochtones

Selon de nouvelles données de Statistique Canada, pour l'année 2016-2017, 81 % des garçons mineurs et 82 % des filles mineures qui sont incarcérés au Manitoba sont Autochtones. En comparaison, dans le reste du pays, 47 % des mineurs et 60 % des mineures étaient des Autochtones.

Steve Spence, un ancien délinquant qui a été incarcéré à plusieurs reprises depuis l’âge de 15 ans, connaît bien la situation.

« J'ai fait une très mauvaise erreur et j'ai subi les conséquences :  je suis allé en prison et j'ai été enfermé », affirme-t-il.

Il y a deux ans, l’homme de 40 ans était dans une cellule de prison provinciale. Maintenant, au cœur du quartier North End de Winnipeg, Steve Spence tente de sensibiliser la population à un programme qui, selon lui, a changé sa vie.

Il distribue des dépliants pour inviter les jeunes à une rencontre du programme Momentum, une initiative qui aide les délinquants à réintégrer la société.

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Tanisha Laporte avait 12 ans lorsqu'elle a été emprisonnée pour la première fois.

« C'était effrayant, se souvient la jeune femme. Tu ne sais pas vraiment comment les choses vont se passer. Tu ne sais pas qui tu vas voir, tu ne sais pas où tu vas dormir ».

Selon elle, c’est grâce à un programme de soutien au Centre jeunesse du Manitoba qu’elle a réussi à se sortir du cercle vicieux de la criminalité.

Maintenant âgée de 20 ans, Tanisha Laporte se tient loin des barreaux depuis deux ans et devrait obtenir son diplôme d'études secondaires la semaine prochaine.

Austin Grozelle, 23 ans, estime qu'il a été incarcéré à 25 reprises durant sa jeunesse. Il s'est retrouvé au sein des Services à l’enfant et à la famille dès l'âge de cinq mois.

Il dit avoir l'impression qu’en tant que jeune homme issu des Premières Nations, plusieurs éléments défavorables s’accumulaient contre lui, mais il prend l'entière responsabilité de ses actes.

« Je sais que j'ai fait de mauvaises choses. Je veux changer parce que je sais que ça ne me mènera nulle part sauf la mort », affirme-t-il.

Son premier incident avec la police est survenu alors qu'il avait 16 ans. Aujourd'hui, il tente de se tenir loin de situations problématiques. Il fait du bénévolat et n'a pas été en prison depuis un an. Il a suivi un cours de réanimation cardiorespiratoire et espère obtenir son permis de conduire.

« Nous devons transmettre le message que, en tant qu'Autochtones, nous sommes opprimés. Nous devons comprendre que beaucoup de notre violence est le résultat de la colonisation et de la façon dont nous avons été contrôlés », affirme Steve Spence.

Selon lui, les Autochtones détiennent leur sort entre leurs mains.

Il dit qu'il faut sensibiliser les gens aux possibilités qui s'offrent aux jeunes autochtones afin qu'ils puissent atteindre leur plein potentiel.

« Nous avons une occasion en or grâce à l'éducation. Nous devons profiter de cela et savoir que nous pouvons connaître du succès. Nous pouvons devenir ce que nous voulons. Nous n'avons pas besoin de nous tuer dans la rue », ajoute-t-il.

Réduction de la population carcérale

Le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner, a récemment qualifié d'inacceptable le nombre disproportionné d'Autochtones incarcérés à travers le pays.

Richard Wagner avait indiqué que le tribunal de la Cour suprême se rendrait à Winnipeg l'année prochaine pour rencontrer les juges des cours d'appel, les avocats locaux et des membres de la communauté.

La ministre de la Justice du Manitoba, Heather Stefanson, a déclaré que le gouvernement provincial prend des mesures concernant les taux d'incarcération des Autochtones.

Elle a souligné la stratégie de modernisation du système de justice pénale du gouvernement qui, selon elle, mène à des « résultats positifs » et a souligné une réduction de 10 % de la population carcérale totale des adultes et une réduction de 16 % du nombre de jeunes détenus.

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