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Plus de 90% de la population mondiale respire de l'air pollué, prévient l’OMS

La qualité de l'air continue de se détériorer sur Terre, malgré les efforts entrepris par certains pays pour réduire la pollution atmosphérique. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 90 % de la population mondiale respire un air pollué. Et celui-ci fait plus de 7 millions de morts par an.

Un texte de Stéphane Bordeleau

D'après des données recueillies par l'OMS dans 4300 villes réparties dans 108 pays, la pollution atmosphérique mondiale est demeurée élevée, mais plus ou moins stable, au cours des six dernières années, avec des concentrations en baisse observées dans certaines régions d'Europe et des Amériques, notamment.

« Neuf personnes sur dix respirent de l'air contenant des niveaux élevés de polluants », prévient l'agence de l'ONU, qui souligne que ces chiffres demeurent inchangés d'une année à l'autre. Et comme c'est souvent le cas, ce sont les populations les plus vulnérables qui sont davantage exposées aux polluants.

7 millions de morts par année

D'après les estimations et les données recueillies par l'OMS, la pollution atmosphérique tue environ 7 millions de personnes chaque année dans le monde.

Plus de 90 % de ces décès se produisent dans les pays à revenus faibles ou moyens, principalement en Asie et en Afrique, souligne l'OMS, qui affirme avoir mesuré les niveaux de pollution les plus élevés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est.

La cuisine et le chauffage

Outre les véhicules automobiles et l'industrie qui génèrent beaucoup de pollution, l'utilisation domestique de combustibles fossiles pour cuisiner et se chauffer demeure l'une des principales sources de pollution atmosphérique dans ces régions. L'incinération des déchets y pollue aussi beaucoup.

« On ne peut pas accepter que plus de 3 milliards de personnes, surtout des femmes et des enfants, continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations. Si nous n’agissons pas très vite, le développement durable restera une chimère. », déplore le Dr Ghebreyesus.

« Les principales sources de pollution de l’air due aux particules fines comprennent l’utilisation inefficace de l’énergie par les ménages et les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des transports, ainsi que les centrales électriques au charbon », note le rapport de l'OMS.

L'activité humaine ne constitue cependant pas la seule source de pollution de l'air. Les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d'un désert, ont aussi une influence sur la qualité de l'air, selon l'OMS.

Particules en suspension

Les principales substances responsables de la pollution de l'air à grande échelle sont essentiellement les particules fines en suspension dans l'air qui pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire des humains, causant des maladies comme des accidents vasculaires cérébraux, des problèmes cardiaques et des cancers du poumon.

Les concentrations de particules fines les plus surveillées par l’OMS comprennent le sulfate, les nitrates et le carbone noir, qui sont les polluants les plus dangereux pour la santé humaine.

Ces particules en suspension dans l'air et la fumée sont si abondantes dans certaines villes qu'elles obscurcissent le ciel et réduisent la visibilité même en plein jour sur de vastes superficies. L'an dernier, d'épais nuages de smog ont paralysé pendant plusieurs jours le Pakistan et tout le nord de l'Inde.

Conscients de l'ampleur du problème, de plus en plus de pays agissent pour tenter de réduire les concentrations de pollution atmosphérique sur leur territoire, constate l'OMS, qui souligne qu'au moins 1000 villes de plus qu'en 2016 se sont inscrites dans la base de données de l’OMS sur la qualité de l’air.

L'OMS souligne au passage des résultats encourageants obtenus à la suite d'efforts gouvernementaux notamment en Inde et au Mexique pour assainir l'air. Mais beaucoup de travail reste à faire, prévient l'OMS, qui rappelle que « la pollution de l’air ne connaît pas de frontières ».

Selon l'agence de l'ONU, seules des « mesures gouvernementales pérennes et coordonnées à tous les niveaux » permettront de réduire durablement la pollution atmosphérique à l'échelle planétaire.

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