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Plus de peur que de mal pour un virus diagnostiqué une première fois dans le Maine

Les autorités de santé publique du Maine mettent la population en garde après qu'un homme eut été infecté par un virus transmis par les moustiques. Il s'agit du premier diagnostic du virus Jamestown Canyon (VJC) jamais constaté dans cet État américain.

Un texte de Sarah Sanchez

Le résident du comté de Kennebec a été hospitalisé en juin pour des symptômes du virus Jamestown Canyon.

Comme plusieurs autres infections transmises par les moustiques, ce virus peut parfois provoquer de la fièvre, des douleurs corporelles, des maux de tête, de la toux, des vomissements, des douleurs abdominales et de la photophobie.

La grande majorité des personnes infectées n’éprouve toutefois aucun symptôme et ne consulte donc pas de médecin.

Mais dans certains cas exceptionnels, le VJC peut s’attaquer aux poumons et au système nerveux central, et se transformer en méningite ou en encéphalite.

Le conseiller médical du Laboratoire national de microbiologique de l’Agence de la santé publique du Canada, Guillaume Poliquin, explique que si l’État du Maine traite ce premier cas comme étant rarissime, c’est notamment parce qu’il n’a pas les outils pour détecter l’infection.

« Dans le Maine, ils n’ont pas accès au test à l’intérieur de l’État, donc ils doivent l'envoyer à l’extérieur pour obtenir le diagnostic. Ainsi, on n’a pas tendance à faire un test ou à penser à faire ce diagnostic, donc plusieurs cas ne sont pas reconnus », explique-t-il.

Infection fréquente, diagnostic rare

Selon plusieurs microbiologistes, le virus Jamestown Canyon est une infection plus commune qu'on le croit. Son diagnostic est toutefois plus rare.

« Le nombre de personnes qui ont un diagnostic est assez limité [...] Par contre, quand on fait une étude sérologique, donc une prise de sang chez des patients pour voir si au cours de leur vie ils l’ont déjà eu, on se rend compte qu’un quart de la population au Canada a déjà eu le Jamestown Canyon », explique Jean Longtin, directeur médical du Laboratoire de santé publique du Québec.

M. Longtin cite deux études de séroprévalence à ce sujet. La première, effectuée dans six communautés cries de la baie James, démontre que 9 à 24 % des habitants ont déjà contracté le virus. La deuxième, qui a été faite auprès d’employés de parcs nationaux américains, a conclu que 31 % d’entre eux l’avaient déjà eu.

« Dans les deux cas, ce sont des gens qui sont en contact avec la faune, la flore et les moustiques », explique-t-il.

Selon lui, le nombre de diagnostics est bas parce que la majorité des personnes infectées n’ont pas de symptômes, donc ne consulte pas de médecin.

Il croit aussi que les médecins connaissent peu cette maladie et qu'ils n’ont donc pas le réflexe de demander le test pour des symptômes qui s’apparentent à une vilaine grippe.

En 2016, 15 personnes ont reçu un diagnostic de virus Jamestown Canyon au Québec, sur une trentaine de demandes d’analyse.

Pour contrer l’augmentation, ces dernières années, des cas de diagnostic de Jamestown Canyon, la direction de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux a mis en place une vigie pour mieux documenter les infections causées par tous les virus de ce type.

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