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Plusieurs rivières du Québec encore à des niveaux élevés

Plusieurs cours d'eau du sud du Québec sont encore sous surveillance, puisque leur niveau hésite encore à baisser en raison des précipitations des derniers jours. Le premier ministre Philippe Couillard assure que son gouvernement demeure « sur le qui-vive ».

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, « est très présent partout où les événements se déroulent », a insisté Philippe Couillard, samedi, en marge du colloque régional du Parti libéral du Québec, à Montréal, ajoutant que « les gens de la Sûreté du Québec et de la Sécurité civile sont à pied d’œuvre pour [­­­...] veiller à ce qu’on réponde aux besoins des citoyens ».

Selon Hydrométéo, cependant, plusieurs cours d'eau au nord du fleuve Saint-Laurent continuent de monter. Plusieurs rivières de la région de Québec ont cependant commencé à se stabiliser. La situation est la même en Outaouais, où les rivières ont toujours des niveaux élevés, mais tendent également à se stabiliser.

La rivière Richelieu demeure elle aussi très élevée, ainsi que les rivières des Prairies et des Mille Îles, qui dépassent le seuil d'inondation mineure.

Les rivières Noire, L'Assomption et Ouareau, dans Lanaudière, ainsi que la rivière Maskinongé, en Mauricie, ont elles aussi dépassé ce seuil en raison de la pluie reçue.

Évacuations à Rigaud

Par ailleurs, trois municipalités sont toujours sous le coup de l’état d’urgence : Pontiac et Saint-André-Avellin, en Outaouais, ainsi que Rigaud, où la rivière des Outaouais et la rivière Rigaud ont débordé, mais où le niveau d'eau s'est maintenant stabilisé.

À Saint-André-Avellin, d'ailleurs, on s'attend à ce que la situation s'aggrave, puisque la rivière Petite-Nation déborde et que les cours d'eau situés plus au nord ont commencé à dégeler au cours des dernières heures.

À Rigaud, 524 maisons sont maintenant inondées ou isolées, près de 200 de plus que vendredi. Plus de 230 sont toujours habitées, leurs résidents ayant refusé de les évacuer.

La petite municipalité de la Montérégie n'a pour l'instant forcé aucune évacuation.

Des policiers de la Sûreté du Québec et des pompiers y font d’ailleurs du porte-à-porte pour convaincre les gens qui refusent de quitter leurs maisons du danger qu’ils courent. À partir de 10 h samedi matin, des autobus ont été mis à la disposition des résidents qui décideraient de quitter leur logis, pour les amener au centre d'hébergement temporaire que la municipalité a mis en place. Toutefois, jusqu'ici, aucun inondé n'a changé d'avis.

Les autorités rappellent qu’en raison des rues inondées et impraticables, les services d’urgence sont dans l’impossibilité d’aller porter secours aux personnes dans le besoin. Elles s’inquiètent également des risques de contamination de l’eau potable et suggèrent de consommer de l’eau embouteillée. D'ailleurs, la municipalité recommande aux citoyens de ne pas consommer d'eau provenant de puits privés.

« Ce qui me préoccupe, c'est les débris qu'on ne voit pas. Les fosses septiques qui débordent, les réservoirs d'huile à chauffage qui étaient presque vides, qui ont flotté, qui ont renversé », souligne le maire de Rigaud, Hans Gruenwald.

La gestion du barrage de Carillon critiquée

Devant ces inondations, certains citoyens de Rigaud se demandent pourquoi le barrage hydroélectrique de Carillon, situé sur la rivière des Outaouais, en amont de la municipalité, a ouvert ses vannes, faisant ainsi augmenter le niveau de la rivière.

Chez Hydro-Québec on répond que l’ouverture des vannes « s’imposait ».

« Cette crue printanière, c’est une crue importante. Carillon c’est une centrale au fil de l’eau, qui ne peut pas stocker, retenir de l’eau. C’est sûr qu’on va turbiner le maximum d’eau possible, mais on se doit de déverser l’excédent », affirme Sophie Lamoureux, conseillère aux relations avec le milieu pour les Laurentides et l’Outaouais chez Hydro-Québec.

Mme Lamoureux explique que les opérations de la centrale sont adaptées chaque année « pour minimiser les impacts » de la crue printanière, des décisions qui sont prises au sein de la Commission de la planification et de la régularisation de la rivière des Outaouais, dont Hydro-Québec fait partie.

« Donc est-ce qu’on aurait pu faire autrement? Non, ce sont des décisions qui sont prises en commun. […] L’ouverture [des vannes] s’impose pour minimiser les impacts à la fois en amont et en aval », poursuit-elle.

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